‹ Histoire de Marie StuartChapitre 203 sur 224 · CHAPITRE Xir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xir

. réunion des deux couronnes d'Angleterre et d'Ecosse sur la même tête ; enfin qu'il travaillerait pour le roi d'Espagne, dans lequel il devait voir un compétiteur bien plus qu'uti auxiliaire.

Ces raisons frappèi^ent Jacques VI, mais ne le décidèrent pas encore. Bien qu'il écoutât les conseils politiques d'Elisabeth, il demeura en relation secrète avec Philippe II , ne voulant ni renoncer au trône de l'Angleterre, ni abandonner la vengeance de sa mère. Il garda longtemps cette position équivoque , et , avec une duplicité déjà fort exercée, il ménagea les deux grands partis prêts à en venir aux mains, sans se déclarer pour aucun. 11 laissa les jésuites parcourir librement son royaume , et les comtes de Huntly, de Morton, de Crav^ford, chefs des catholiques écossais *, se concerter avec le duc de Parme ^ dans l'intérêt de l'expédition que préparait Philippe II.

Le roi d'Espagne était le seul qui songeât sérieusement à venger la mort de Marie Stuart. Il y était à la fois poussé par le besoin d'étendre la foi catholique et le désir d'accroître sa domination. Ainsi , restaurer la vieille religion dans l'île qui était alors le foyer le plus ardent du protestantisme et le point d'appui le plus assuré de la révolte dans le reste de l'Europe ; acquérir un trône nouveau ; punir Élisa-

» Tytler, t. IX, p. 18 à 21.

' Papiers de Simancas, série B, liasse 59, u°* 91-161,

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betb de lattentat quelle venait de commettre; lui demander compte des agressions qu'elle s'était si longtemps permises; dompter la rébellion des Provinces-Unies par l'assujettissement de l'Angleterre : tels furent les grands desseins à l'exécution desquels Philippe II consacra toutes les forces de ses États. Dès que son ambition fut d'accord avec ses sentiments, il n'hésita plus.

Après la mort de Marie Stuart, il ne désavoua pas ses prétentions au double héritage qu elle lui avait laissé. « Dieu, lui écrivit son ambassadeur Mendoza, ayant permis que cette maudite nation tombât dans son sens réprouvé, non-seulement en ce qui tient aux choses de son service par l'hérésie , mais en ce qui tient aux choses humaines par un semblable événement, il est visible qu'il a voulu donner à Votre Majesté ces deux couronnes en toute propriété ^ »» L'évêque de Ross fit en français , en latin et en anglais , un écrit pour prouver que Philippe II était l'héritier légitime du trône d' Angleten-e , le roi d'Ecosse se trouvant frappé d'incapacité par son hérésie*. L'ambassadeur d'Espagne entretint le nonce du pape des droits de son maître^, et il osa même

* Mendoza à Philippe II, dépêche du 28 février 1587. Pap. de Sim., série B, liasse 59, n* 58.

* Mendoza l'envoie à Philippe II, avee la dépêche du 9 avril. Ibid,, série B, liasse 59, n° 73.

» IbU., n^ 38,

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