‹ Histoire de Marie StuartChapitre 206 sur 224 · CHAPITRÉ XII · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ XII

jusqu'au jour du débarquement. Sixte V renouvelait Fanathème lancé contre Elisabeth par Pie V et Grégoire XIII; il la dépossédait du trône '. Le nouveau légat 5 de son côté , prépara un manifeste foudroyant *5 dans lequel il reprochait à cette princesse l'indignité de sa naissance, l'audace de son hérésie , la fourberie de son caractère , la dissolution de ses mœurs, la cruauté de ses actes. Les exemplaires devaient en être répandus avec profusion à l'arrivée de Y Armada , afin qu'ébranlé par le mépris et par la haine du peuple anglais , le gouvernement d'Elisabeth tombât plus vite sous l'agression espagnole.

Quelque immense que fût l'armement auquel on travaillait sur tant de points, la grandeur et la destination en restaient ignorés. Le secret de l'entreprise demeura concentré entre Philippe II , Sixte- Quint , le prince de Parme , Mendoza et le duc de Guise. Il fut caché soigneusement à la cour de France, et même, dans cette cour, au nonce Morisini, qui, Vénitien d'origine^ portait trop d'attachement aux intérêts de Henri III et penchait pour la politique de Catherine de Médicis *. Aussi se démandait-on à Paris comme à Londres si l'expédi-

* Tempesd vita e geste di Sïxto Quinto, t. II, p. 80.

^ Sous le titre à^ Exhortation à la noblesse et peuple dAn" gleterre et dlrlande, Lingard Fa analysé dans la note BB qui est à la fin de son 8' volume.

*Pap. de Sim., séné A, liasse 56, no- , —, —, — .

tion était destinée à soumettre les Pays-Bas, à envahir l'Angleterre ou à se rendre dans les deux Indes. M endoza entretenait avec habileté ces incertitudes, que partagea longtemps Elisabeth ellemême.

Malgré sa pénétration et les anxiétés dont elle ne pouvait se défendre, cette princesse espérait que l'orage qui s'amoncelait ne fondrait pas sur son royaume. Dès le printemps de 1587, et bien avant que la flotte espagnole fût prête à se réunir dans les eaux du Tage, elle avait envoyé Francis Drake avec trente-sept vaisseaux surveiller les côtes de la péninsule. Cet intrépide marin, dépassant ses instructions, était entré dans la baie de Cadix et dans la rade de Lisbonne, où il avait commis de grands mvages ^ En outre, pendant l'été de la même année , Leicester était retourné dans les Pays-Bas avec cinq mille hommes pour y secourir contre les Espagnols la république alarmée des Provinces-Unies *. Des actes d'une aussi offensante hostilité n'avaient pas empêché Elisabeth d'ovivrir des négociations avec Philippe II , et même de croire qu elle désarmerait sa colère.

Elle avait nommé pour ses commissaires le comte de Derby, lord Cobham , sir James Croft et les

* Strype, t. III, part, i, p. 662, 663. •— Lirigard, t. VIII, ch. V.

^ Lingard , ibid.

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