CHAPITRE Vil
arriver, répliqua le duc, vous aurez évité pour elle Tédat de la présente infamie ; le temps achèvera le reste ^ » Lesly, après avoir conféré avec Norfolk et avec Lethington, se rendit le 13 octobre à Bolton, pour conseiller à la reine Marie d'accepter l'offre que Robert Melvil lui apportait de la part du régent'. Marie y consentit tout d'abord, et il semblait que cette dangereuse contestation allait se terminer par un arrangement qui conserverait l'autorité au régent et l'honneur à la reine ^.
Mais Elisabeth ne l'entendait pas ainsi. Le bruit des transactions mystérieuses qui se préparaient à York était parvenu jusqu'à elle, et la mollesse inat^ tendue de Murray lui avait sans doute inspiré des craintes sur leur résultat. Elle transféra soudaine* ment la conférence à Westminster. Elle en donna pour raison la nécessité d'axaminer de plus près une affaire aussi délicate et le désir de la terminer plus vite^. Lorsqu'elle vit le duc de Norfolk, elle l'en» tretint du projet de mariage qui lui était attribué en feignant de ne pas y croire. Le duc nia ce pro*
• « To this the duke answered, what yf that war done, to be quitte of présent infamie and slander, and let tynie work the rest. » Mupdin , p. 53.
3 Déclaration of Robert Melvil , Hopetoun ms. — Lettre d^ Knollys à Cecil, 25 oct. 1568, au State Pap. Off.» el dçns Tytier, U VJI, p, 257,
* Correspondance de La Mothe Fénelon, t. I, p. 18.
jet avec de grands serments. « Pourquoi, dit -il, chercherais-je à épouser une femme aussi perverse, une adultère si notoire, une meurtrière? Il me faut pour dormir un oreiller plus sûr. » 11 ajouta que dans^ sa galerie de Norwych il n'avait rien à envier à Marie Stuart, fût-elle rétablie sur son trône, affirmant d'ailleurs qu'il ne songerait jamais à se marier avec celle qui s'était posée comme la rivale de sa souveraine et avait prétendu à sa couronne*. Rassurée de ce côté , Elisabeth laissa espérer aux commissaires de Marie la prompte restauration de leur maîtresse par un accord convenable avec ses sujets. Mais en même temps, elle agit dans un sens conti'aire auprès de Murray. Elle l'avertit qu'instruite des menées auxquelles il avait pris part, elle ferait investir le duc de Châtellerault de la régence d'Ecosse*, s'il ne se décidait pas lui-même à poursuivre l'accusation contre sa sœur.
Murray se trouva alors dans un embarras d'autant plus grand que Marie Stuart refusa de confirmer son abdication après y avoir d'abord consenti*.
* A sommary of the matters wherewith the duke of Norfolk was cliar(jed at his arraynement , 1572, dans Murdih , p. 179, 180. — Haynes, p. 574.
^ Tytler, t. VII, p. 249.
• Melvil's Déclaration , Hopetoun ms., et Tytler, t. VII , p. 249.