‹ Histoire de Marie StuartChapitre 210 sur 224 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

conduire une semblable expédition» Il est vrai qu'il avait pour ses lieutenants deux habiles marins, le Biscayen Juan Martinez de Recalde et le Guypuscoan Miguel Ocquendo,

Pendant que Y Armada se ralliait et se radoubait sur les côtes d'Espagne, Elisabeth avait enfin com» pris toute l étendue du danger et y avait pourvu. Reprenant son énergie avec sa clairvoyance, elle forma un conseil militaire pour la défense du royaume; prescrivit d enrôler, dans les comtés, tous les hommes en état de porter les armes» depuis 1 âge de dix-huit ans jusqu a celui de soixante ^ ; ordonna la réunion de deux armées, lune de 31,932 hommes d'infanterie et 2,400 hommes' de cavalerie, destinée, sous Leicester, à faire face à Tennemi; l'autre de 34,400 hommes d'infanterie, de 1,914 hommes de cavalerie et de 36 pièces d'artillerie de divers calibres, chargée, sous Hunsdon, de déf^dre sa royale personne*. Elle songea à fortifier la position de Tilbury, vers l'embouchure de la Tamise par où devaient aborder les Espagnols, et elle fit reléguer dans l'île d'Ely et dans l'intérieur du royaume les catholiques anglais les plus suspects, tandis qu'elle soumit les autres à une étroite surveillance*. Les deux armées de Leicester et de Hunsdon étaient

* Ling^ard, t. VIII, chap. v.,

'Muitim,p. 612k6l4.

» Camden, 566.— Murdin, 605.— Lingard, t. VIII, cb. v.

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convoquées, la première pour le 28 juin, la seconde pour le 23 juillet. C eut été beaucoup trop tard pour s'opposer à l'invasion sans le contre-temps essuyé par V Armada, et, avec ce contre-temps, ce n'était même pas assez tôt pour qu'elles pussent être mises en état de lutter contre les vieilles bandes espagnoles. Mais les faveurs persévérantes de la fortune et l'intrépidité de la marine anglaise réparèrent les retards d'Elisabeth et la sauvèrent des fautes où l'avaient entraînée sa crédulité et sa parcimonie.

Le nombre des vaisseaux qu'elle rassembla fut considérable. Assistée par la cité de Londres , qui , toute seule, en mit trente-huit à sa disposition, servie avec dévouement par tous ses sujets, qui mar- 'chèrent à la défense de leur pays et de leur religion, elle eut bientôt cent quatre-vingt-onze navires , la plupart, il est vrai, de petite dimension, portant 15,272 hommes ^ Les plus grands furent commandés par Drake, Forbisher, Winter, Hawkins et tous les hardis marins qui s'étaient signalés dans les mers lointaines contre la puissance espagnole. Cette flotte, nombreuse et agile, sur laquelle accoururent des volontaires appartenant aux premières familles de l'Angleterre, que montèrent des hommes d'xme audace et d'une habileté égales, fut placée sovis les ordres de l'amiral Howard d'Effingham, qui eut pour lieutenant Francis Drake. Elle se concentra à Ply-

*Murdin, p. 618.

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