‹ Histoire de Marie StuartChapitre 214 sur 224 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

de son service, àrexaltation de son Église, au bien et à la conservation de la chrétienté. C'est là tout <?e que je veux*.»

Quoiquesa réponse àdonChristovaldeMoura semblât annoncer Féquipement prochain d'une nouvelle flotte , et bien que Mendoza lui conseillât de préparer une autre expédition *, Philippe II ne put pas reprendre le dessein auquel il avait travaillé cinq ans, réfléchi dix-huit, et qui avait échoué en quelques jours. Les événements ■ né le lui permirent point. Le duc et le cardinal de Guise , tués vers la fin de 1588, à Bloîs, au service de la même cause pour laquelle avait péri Marie Stuart à Fotheringay ; Henri III assassiné par un moine, vers le milieu de 1589, à Saint-Cloud, et sa mort séparant pour la première fois en France le catholicisme de la royauté; les ligueurs engagés durant cinq années dans une lutte ardente et opiniâtre contre les protestants unis aux royalistes, obhgèrent Philippe II à détourner ses vues de l'Angleterre pour les diriger sur la France, Il employa ses finances à y soutenir la Ligue , ses armées à l'y défendre , et, pendant qu'il cherchait à déposséder Henri IV, il ne put pas songer à renverser Elisabeth. Cette princesse , après la mort de Marie Stuart et la dispersion de ÏArmada^ n'eut

• Herrera, t. in,p. 113.

^ Dépèche de Mendoza à Philippe II du 2 novembre 1588. Pap. de Sim., série B, liasse 60, n°» 47 et 48.

plus rien à craindre. Aucune entreprise 'sérieuse ne fut tentée ni même conçue pour lui enlever le trône et pour arracher la Grande-Bretagne au protestantisme, qui y resta à jamais le maître. Ayant affermi dans son royaume la révolution que son père , Henri VIII, avait opérée, Elisabeth aida, sur le continent, Henri IV à dompter la Ligue, la répu- Uiquedes Provinces-Unies à se rendre indépendante de l'Espagne. Partout où Philippe II voulait rétablir la vieille croyance, elle se donna la mission de maintenir la nouvelle, et cette mission elle l'accomplit à laide d'une puissance moins forte que celle du monarque espagnol , mais avec plus d'habileté ou de bonheur que lui, puisqu'elle fit triompher le protestantisme en Angleterre, en Ecosse, en Hollande, et qu'elle l'empêcha de succomber en France. Comme la politique de Philippe II , la politique d'Elisabeth fut entachée de fourberie et souillée de cruauté; seulement, de Philippe II data la décadence de l'Espagne, et sous Elisabeth commença la grandeur de l'Angleterre.

, Telle fut l'issue de la lutte longue et inégale des deux religions dans la Grande-Bretagne. Marie Stuart succomba avec l'ancienne; Elisabeth s'affermit avec la nouvelle. En soutenant une cause pour ainsi dire perdue, Marie Stuart ne fut ni heureuse pendant sa vie, ni vengée après sa mort. La position où elle se trouva placée dès son retour de France en

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