‹ Histoire de Marie StuartChapitre 23 sur 224 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Placé entre le refus de Marie et la menace d'Elisabeth , il ne put ni parler ni se taire sans péril. Suivre le conseil de Norfolk, c'était se perdre auprès d'Elisabeth; obtempérer au désir d'Elisabeth, c'était s'exposer vis-à-vis de Norfolk. Dans cette perplexité, il prit un terme moyen. Il prépara l'accusation contre Marie avec le projet de ne la développer devant la nouvelle conférence que si la reine d'Angleterre lui donnait toutes les assurances qu'il avait réclamées à York*. De son côté, Marie Stuart crut éviter l'accusation en défendant à ses commissaires d'y répondre. Elle leur prescrivit de ne jamais souffrir que ses adversaires quittassent la position et le rôle d'accusés, et fit même offrir une réconciliation à ces derniers. Elle écrivit que , désirant agir avec l'affection d'une mère envers ses sujets, il ne lui convenait pas de les poursuivre devant un tribunal étranger, un procédé aussi rigoureux n'étant propre qu'à empêcher entre eux le retour de l'affection et le rétablissement du* bon accord. Elle autorisait donc ses commissaires à étendre, en présence d'Elisabeth, sa clémence sur ses sujets désobéissants et à leur garantir un accommodement dont les termes ne porteraient aucun préjudice à son honneur, à son titre et à son autorité , qu'elle n'entendait soumettre à aucun prince de la terre. Si les choses se passaient

«Tyller, t. VII, p. 249.

autrement 9 elle ordonnait à ses commissaires de rompre immédiatement la conférence \

Celle-ci commença le 25 novembre dans Westminster. Elisabeth avait adjoint à ses trois anciens commissaires le garde des sceatix Nicolas Bacon , les comtes d'Arundel et de Leicester^ le lord amiral Clinton et le secrétaire d'État CeciP. Après une protestation des commissaires de Marie conformé aux dernières instinictions de leur souveraine ^, le garde des sceaux qui présidait la séance dit à Muri-ay que sa défense à York avait paru insuffisante^ et^ afin de l'exciter à parler plus ouvertement, il ajouta : « — La majesté de la reine, bien que sincèi*ement désireuse de trouver la reine d'Ecosse innocente, la jugera pour toujours indigne du trône, si sa culpabilité dans le meurtre de son mari se montre d'une manière incontestable. En ce cas , Sa Majesté la reine la remettra entre les mains de ses sujets , après avoir reçu d'eux des garanties rassurantes pour sa vie , ou bien la détiendra sous bonne garde en Angleterre^ et elle maintiendra l'autorité du roi ainsi que celle du régent*. «

* The commission sent for ihc qiiehe's inajesty of Scotland, 23 nov. 1568^ dans Labanoff, t. II, p. â39 à âSl.

' The journal or first session of tfae commissioners upon the 25th day of november 1568. Anderson, t. IV, part, ii , p. 101.— 3 76îc/., p. 103, 104,

* Goodall, t. II, p. 201, 202. —Anderson, t. IV, part, ii , p. 109 à 113.

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