‹ Histoire de Marie StuartChapitre 24 sur 224 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Murray , qu'un enga{][einent semblable devait déterminer à rompre le 8ilence dans lequel il s'était renfermé à York, prit alors la parole. Il dit qu'il avait longtemps répugné à rendre publics des actes de nature à entacher l'honneur de la mère de son souverain auprès des étrangers , mais qu'il y était maintenant réduit par la nécessité de se défendre lui-même, et que la faute en retomberait sur ceux qui l'avaient obligé à les produire au grand jour'. Cependant comme les déclarations verbales données au nom d'Elisabeth ne suffisaient pas, parce que les désaveux ne coûtaient rien à cette princesse, Murray demanda que la reine d'Angleterre s^obligeât par écrit à prononcer un jugement. Cecil lui répondit qu'il venait de recevoir à cet égard une assurance complète, et qu'il n'avait pas à mettre en doute la parole de sa royale maîtresse. — « Où sont, ajoutat-il, les pièces à l'appui de votre accusation*? — Les voilà , dit en les monti^ant le secrétaire du régent John Wood , à qui la garde en avait été confiée , mais nous ne nous en dessaisirons qu'après avoir vu la signature de la reine ^. » Au même instant l'évéque d'Orkney , que mécontentaient les tergiversations

* Protestation by the earle of Murray and his colleag^ues , when they exliibited tbeir accusation against Queen Mary, dans Anderson, t. IV, part, ii, p. 115 à 118.

2 Mémoires de Melvil, 1. 1, liv. m, p. 306.

» ïlmL, p. 307.

du régent, et qui voulait avec Morton, Tabbé de Dumferling, Lindsay et Buchanan, pousser les choses aux dernières extrémités, s'approcha de John Wood, lui enleva binisquement les papiers et les porta en courant sur la table des commissaires anglais. Wood, un moment interdit ou faisant semblant de l'être *, se précipita sur les pas de l'évêque, mais trop tard pour l'atteindre , et il vint reprendre sa place au milieu des éclats de rire de l'auditoire*. C'est par cette scène à la fois violente et bouffonne que fut introduite la triste diffamation d'une reine par ses sujets devant les sujets d'une autre reine.

Dans cette accusation, Murray soutenait que Bothw^ell était l'auteur du meurtre de Daraley , que la reine avait connu ce meurtre d'avance , qu'elle avait encouragé Bothwell à le commettre, qu'elle avait protégé les meurtriers et aiTêté à leur égard l'action de la justice en épousant le principal d'entre eux*. A cette froide dénonciation de la culpabilité de Marie vint s'ajouter la plainte vengeresse du père de Damley. Le comte de Lennox se présenta devant les commissaires anglais, et, dans les termes les plus

* J. Melvil, qui était présent, l'accuse formellement de s'être entendu avec Cecil et avec les commissaires du jeune roi, contraires à Marie. Mémoires de Melvil ^ p. 304, 305.

2 Ibid., p. 307.

' The accusation against Queen Mary, dans Anderson , t. IV, part. n,p. 119 à 121.

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