‹ Histoire de Marie StuartChapitre 25 sur 224 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

pathétiques, il accusa la reine Marie d'avoir fait tuer son fils, déclara qu'il n'avait eu jusqu'alors aucune espérance d'obtenir justice et n'avait compté que sur la main de Dieu, mais qu'il recourait maintenant à leurs seigneuries qui avaient été autorisées à examiner la cause de cet homble meurtre par la reine, dont son malheureux fils était le sujet naturel ^

Elisabeth était parvenue à ses fins; Marie Stuart se trouvait sous le poids de la plus terrible inculpation. Les commissaires de la reine accusée en éprouvèrent un assez grand trouble. Pendant deux jours , ils délibérèrent sur ce qu'ils avaient à faire*. Avant de rompre la conférence, conformément aux dernières instructions qu'ils avaient reçues de leur souveraine , ils repoussèrent les imputations dont elle était l'objet au mépris de toutes les règles divines et de toutes les obligations humaines. Ils se plaignirent qu'on eût permis en Angleterre un procédé aussi illicite et aussi inattendu. — « Mylords, écrivirentils aux commissaires anglais, nous sommes profondément affligés d'apprendre que nos compatriotes, cherchant à colorer leur très-injuste , très-ingrate et très-honteuse conduite envers leur souveraine légitime notre dame et maîtresse qui les a comblés de ses bienfaits, qui les a faits comtes et lords, l'en ont

* The journal or third session of commissîoners, 29 nov. 1568, dans Andeiteon, t. IV, part, ii, p. 121, 122. 2 Malc. Laing, t. I, p. 161, et note 61.

TOM. II. i

récompensée aujourd'hui, sans qu'elle les ait desservis par aucun acte et par aucune parole, en la poursuivant des bruits les plus faux , les plus calomnieux, pour couvrir les trahisons ouvertes dont ils ont été les premiers. inventeurs, eux qui ont signé de leurs propres mains un détestable bond, conspiré le meurtre du jeune et innocent Henri Stuart, dernier mari de notre souveraine , et se sont joints à leur méchant confédéré James comte de Bothwell, ainsi que l'ont vu manifestement des milliers d'hommes à Edimbourg * . «

S'élevant contre tout ce qu'avaient fait en Ecosse ces rebelles et ces calomniateurs , les commissaires de Marie affirmaient que leur usurpation n'était pas l'œuvre de la huitième partie du royaume, et ils exposaient les conséquence^ que pouvait avoir pour tous les autres princes l'exemple impuni de leur heureuse révolte et de leur déloyale accusation. — «Si on tolère, mylords, disaient-ils, qu'ils aient mis la main sur leur souveraine, quel est le prince dans la vie duquel , après une seule année de règne , des sujets ambitieux n'iront pas chercher ou inventer quelque motif de scandale pour s'emparer de sa suprême autorité? Vos sagesses comprennent de

^ A Mémorial or letter from the commîssioners of the qneen of Scolts to ilie commission^rs of the queen of England, at Westminster, 1" décembre 1568, dans Anderson, t. IV, part, n, p. 129, 130.

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