‹ Histoire de Marie StuartChapitre 27 sur 224 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

les lords de son parti exigeaient une abdication. D ailieure Elisabeth soutint qu'une reine aussi gravement attaquée ne devait pas transiger, mais se défendre ' . Avec une machiavélique subtilité , elle prétendit que les accusés, s'étant livrés à d'aussi odieuses récriminations afin de justifier leurs propres actes, étaient tenus de prouver ce qu ils avaient avancé sous peine d*étre traités comme des coupables qui ajoutaient la calomnie à la rébellion ^.

Le danger devenait imminent pour Marie. Sous prétexte de pourvoir à sa défense, Mun*ay avait à fournir les preuves de son accusation dans la prochaine séance. Que firent les commissaires de la reine d'Ecosse? N'ayant pas pu préserver leur maîtresse par un arrangement amiable, ils recoururent à un moyen légal; Le 6 décembre, ils demandèrent à être introduits les premiei*s devant l'assemblée qui devait ce jour-là entendre le régent. Se plaignant alors de ce qu'on avait manqué à toutes les promesses de l'amitié comme à toutes les règles de la justice , et de ce qvie la reine d'Angleterre permettait à des sujets révoltés de soutenir leurs allégations injurieuses contre leur souveraine sans que celle-ci eût été entendue, ils déclarèrent la conférence dissoute*. Us déposèrent une protestation écrite dans laquelle

* Anderson, t. IV, part, ii, p. 136, 141. ' Ibid., etGoodall, t. II, p. 224.

^ Anderson, t. IV, part, ii, p. 145.

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ib répoussaient comme nul tout ce qui serait fait ultérieurement au préjudice de Thonneur ou de la dignité royale de Marie Stuart. Cecil refusa de ï^* cevoir cette protestation^ sous le prétexte qu'elle in* terprétait mal Fintention de la reine Elisabeth '. Le^ commissaires qui Tavâient signée ne s'en retirèrent pas moins en annonçant que toute négociation était désormais rompue '.

Malgré leur retraite, les commissaires anglais âp^ pelèrent devant eux Murray et les siens. En fidèles exécuteurs des intentions tortueuses d'Elisabeth , ils leur dirait » que Sa Majesté la reine d'Angleterre n'avait pas été peu surprise de ce qu'ils avaient accusé leur souveraine natm*elle de crimes si horribles et qui ^ étant prouvés, la rendraient infâme auprès de tous les princes. Ils les avertirent que s'ils avaient oublié leurs devoirs de sujets envers la reine d'Ecosse, ils n'oubliassent pas que la reine d'Ecosse était une amie et une sœur pour la reine d'Angleterre*.» Cet intérêt apparent dans le langage cachait la per^ fidie la plus calculée dans la conduite, les commis* saires anglais ayant sommé le régent de dire ce qu'il avait à répondre pour sa défense.

Par ce subterfuge, Murray fut amené à présenter les pièces à l'appui de ses imputations» Il produisit successivement : le livre des articles rççliçé pour Ha-

* Andersen, t. IV, part, u, p% 146.^ * llÀd, ^rbid., p. 146,147.

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