CHAPITRE VIL 6ë
me parler de k démission, leur écrivait-elle, car je suis résolue et délibérée de plustôt mourir que de la faire; et la dernière parole que je dirai en ma vie sera dune reine d'Ecosse ^ »
L'abdication étant iiTévocablement refusée et la conférence dissoute, tout était fini. Ces longs et tristes débats ne pouvaient pas être continués. Elisabeth n'avait ni le moyen de déposséder Marie , ni le droit de la condamner. Mais elle était parvenue à la diffamer et s'était donné un prétexte de la reteiir. Le régent, pressé de retourner en Ecosse*, où Tébranlement de son autorité rendait sa présence nécessaire, en demanda l'autorisation et l'obtint. Le 10 janvier, il comparut devant le conseil privé d'Angleterre, qui approuva pleinement sa conduite et lui permit de partir^, en déclarant : « Qu'il n'avait été rien produit contre lui et ses adhérents qui pût porter atteinte à son honneur ou à son allégeance^. V Par une sorte de compensation assez bizarre, il fut ajouté, selon les commissaires de Marie Stuart : « Que Murray et ses adhérents n'a-
*Labanoff, t. H, p. 274.
2 Tyller, t. VH, p. 262. — Malc. Laing, t. I, p. 190.
• Goodall, t. II, p. 309.
* « That as thair hes nothÎDg bene deducit ag^ainst him and his adherentis as yet, that may impair tbair hoDOur or alledg^eances. »> Mary's Register, dans GoodaU, t. II, p. 305,
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vaient pas suffîsamnient prouvé leur proposition contre la reine, leur souveraine , de façon que la reine d'Angleterre dût concevoir ou prendre une mauvaise opinion de sa bonne sœur en quoi que ce soit*. >»
Malgré cette dernière partie d'une déclaration en complet désaccord avec la conduite postérieure d'Elisabeth^, celle-ci continua à faire peser l'incul-» pation de meurtre sur sa malheureuse prisonnière. Marie Stuart avait demandé à plusieurs reprises les copies des lettres produites contre elle^. Elisabeth refusa de les lui transmettre jusqu'à ce qu'elle pro^ mit de se justifier* Marie ne consentit à le faire que devant Elisabeth et les ambassadeurs des princes étrangers. Cette contestation ne devait pas avoir de terme, Elisabeth subordonnant la communication des pièces à un engagement que Marie Stuart ne voulait pas prendre , et Marie Stuart n'offrant de se défendre que dans des conditions qu'Elisabeth n'a«
* « So on the uther part thair had nothiùg bene Sttfftciently proven nor schawin by thame against the quene their soverane , quhairby the quene of England sboald conceave or tak an y evil opinion of her gude sistar for an y thing yit sene. 9 Goodall, t. II, p. d05, 306.
* Voir dans Malc. Laing^, jinnver to the quene cf Scots comrmssumers y etc., du 18 janvier 1568, c'est*à-H]îre trois jours après.
3 Labanoff, t. II, p. 263, 273, — Goodall, t. II, p. 310.