CHAPITRE VIII
l'un et l'autre de révenir sur l'adhésion qu'ils avaient donnée à l'autorité du roi. Ausgi ^ lorsque le régent les pressa de sanctionner la souveraineté de Jacques VI, ils hésitèrent et voulurent avant tout qu'on discutât les conditions d'un accommodement. Selon eux, la principale de ces conditions devait être la restauration de la reine. Le régent, qui ne reculait devant rien, les fit saisir et conduire comme prisonniers dans le château d'Edimbourg sous la garde du laird Kirkaldy de Grange*. Cet acte de violence irrita mais affaiblit le parti de Marie.
Le régent n'en demeura point là. Après l'arrestation du vieux chef de l'ouest et du baron le plus entreprenant du sud, il marcha avec ses troupes aguerries et confiantes contre les comtes armés du nord. Ceux-ci intimidés n'osèrent point affronter la lutte. Argyle se réconcilia le premier avec son ancien ami le régent. Huntly et les autres lords septentrionaux, dans la craitite d'une défaite qui aurait été suivie pour eux d'une entière dépossession , se soumirent également. Le 10 mai, ils adhérèrent dans Sain^André au gouvernement de Jacques VI, rendirent leur artillerie au régent et lui livrèrent des
Herriz iuinba malade^ et tant ces deux que les aultfes principaux du party de ladicte dame ne vollurent le lendemain rien accorder. » Dépêche de La Mothe Fénelon à Charles IX, 6 mai 1569, t. I,p. 379.
* IbifL, et Tyller, t. VIT, p. 276.
ao MARIE STUART.
Otages de leur conduite future \ Murray ne s avança pas moins vers les districts du nord, où les clans se maintenaient invariablement fidèles à la reine sa sœur. 11 ravagea leurs terres, prit leurs châteaux, emporta leurs armes *, punit et découragea leur attachement. En quelques mois il av^it brisé toutes les résistances , et il rendit la soumission générale d'Inverness à Dumfries, de Dunbar à Glasgow. Il convoqua alors les États du pays à Perth pour le 26 juillet 1569.
Pendant que Marie vStuart perdait ;Ses espérances en Ecosse, sa position s'améliorait en Angleterre. Il s'était formé dans ce dernier royaume un parti puissant qui voulait la marier avec le duc de Norfolk ^, Celui-ci était revenu par ambition à ce projet ^^ mariage que la crainte lui avait fait désavouer après les conférences d'York. Ayant l'appui de Lethington, et se croyant sûr de l'agrément de Murray, il y avait gagné secrètement depuis la fin des conférences de Westminster et d'Hampton-Gourt les principaux personnages de la noblesse d'Angleterre , et même la plupart des membres du conseil privé. Ce mariage ,
* Lord Hundson à Cecil, 19 mai 1569, au State Pap. Off., et dans Tytler, t. VII, p. 277. — Spottiswood , p. 229.
2 Marray à Cecil, 8 juillet 1569, au State Pap. Off., et dans Tytler, t. VH, p. 277, 278.
' Dépêche de La Motlie Fénelon du 27 juillet 1569, t. H, p. 126.