CHAPITRE VIII
différends survenus entre elle et Philippe II*. Elle se rendit aux instances, devenues plus pressantes et mieux écoutées de lambassadeur de France, La Mothe Fénelon, en faveur de Marie Stuart.
Cette princesse supportait impatiemment sa captivité et se désolait des revers de son parti en Ecosse. Elle avait écrit à Elisabeth pour se plaindre, avec la dernière vivacité, des procédés violents de Murray, qui I malgré les assurances qu'avait données Elisabeth , employait les armes contre tous les Écossais restés fidèles. Elle demandait que la reine d'Angleterre , sans r amuser davantage , déclarât formeIle«> ment si elle voulait ou non la remettre dans son pays. Elle ajoutait d'un ton décidé et assez menaçant : — « Toute aultre réponse , je ne la sçaurols prendre qu'à reffuz, qui seroit cause, qu'à mon regret, j'accepterois aulcun autre ayde, qu'il plairroit à Dieu m'envoyer *. »
C'est ce que cmignait Elisabeth, et ce qu'elle voulait éviter surtout dans les conjonctures difficiles où elle se trouvait. Aussi reconnut-elle, en mai 1569, l'évèque de Ross comme ambassadeur de Marie Stuart*, et ouvrit-elle une négociation sur les bases
* La Motbe Fénelon, Dépêche du 21 juin 1569, t. II, p. 54,55.
^ Marie Stuart à Elisabeth, 36 avril 1569. Labanoff, t. II, p. 333, 834.
* Leslys Negotiations, dans Andersen, t. III, p. 46,
proposées par ce plénipotentiaire de sa captive. L'évêque de Ross soumit à la reine et au conseil d'Angleterre les articles suivants : 1^ La reine d'Ecosse n'inquiétera pas la reine d'Angleterre ni les héritiers légitimes nés de son corps , sur le titre de la couronne d'Angleterre et d'Irlande , qui , à leur défaut , sera réservé de plein droit à la reine d'Ecosse et à ses héritiers légitimes. A cet effet, le traité d'Edimbourg de juillet 1560 sera ratifié. 2^ Un traité d'alliance et d'amitié sera conclu entre les deux royaumes, d'après l'avis des États des deux pays, afin de mieux assurer leur union future. 3" Les deux clauses précédentes scellées du sceau des deux princes et confirmées par leur serment, seront rendues encore plus inviolables en recevant la sanction des deux parlements. Au besoin même, et pour plus d'assurance , la reine d'Ecosse obtiendra des rois de France et d'Espagne qu'ils lui servent de garants dans les engagements qu'elle aura pris. 4** Afin d'être agréable à la reine d'Angleterre, et sur son désir, la reine d'Ecosse étendra sa clémence à tous ceux de ses sujets qui l'ont offensée, pourvu qu'ils veuillent retourner à leur obéissance, lui remettre le prince son fils, lui rendre les forteresses de son royaume , ses joyaux dont ils se sont emparés , et se conduire dorénavant en fidèles sujets. 5® Ceux qui ont comploté ou exécuté le meurtre de lord Darnley , son dernier mari, seront punis sans délai,