CHAPITRE VIII
conformément aux lois du royaume. 6® Pour rassurer la noblesse d'Ecosse sur le retour du comte de Bothwell , la reine s'engage à ne jamais le recevoir dans le royaume et à faire prononcer, de l'avis de la noblesse , le divorce avec lui , ce qui le privera de toute prétention quelconque à l'avenir. 7" Après l'adoption de ces clauses, la reine d'Ecosse sera conduite par ime honorable escorte de la reine d'Angleterre dans son royaume , où les Etats réunis en parlement la remettront en possession de sa couronne, et où tous les actes et tous les statuts contraires à son autorité seront annulés et détruits comme s'ils n'avaient jamais existé '.
Ces articles furent discutés dans le conseil privé d'Angleterre. Les membres de ce conseil , qu'Elisabeth désigna pour traiter avec l'évêque de Ross, furent d'autant plus disposés à les admettre, que le secrétaire du régent, John Wood, assura, d'après des lettres qu'il avait récemment reçues, que le régent se déchargerait avec joie du gouvernement de l'Ecosse, dont il était fatigué *. Ils exigèrent de plus que l'alliance entre l'Ecosse et l'Angleterre fût une ligue perpétuelle , offensive et défensive; que Marie Stuart ne se réconciliât pas seulement avec ceux qui avaient pris les armes contre elle , mais qu'elle les
* Lesly's Negoûationsy dans Anderson, t. III, p. 46 à 49. » llM.y p. 49.
admît dans sa faveur; quelle maintint la religion protestante en Ecosse; enSn qu'elle administrât la preuve qu'elle n'avait pas cédé au duc d'Anjou son titre à la couronne d'Angleterre*. En même temps que cette négociation se poursuivait ouvertement, le projet de mariage entre Marie Stuart et le duc de Norfolk se traitait à Tinsu d'Elisabeth par les membres de la grande noblesse appartenant au conseil privé.
Les comtes d'Arundel, de Pembroke, de Leicester et lord Lumley envoyèrent un gentilhomme nommé Candish à Wingfield pour proposer à Marie Stuart les articles qui devaient servir de fondement au traité. Mais ils y en ajoutèrent un dernier conçu en ces termes : — « Comme il serait à craindre que la reine d'Ecosse se mariât avec un prince étranger, ce qui pourrait altérer la religion et mettre en danger l'état des deux royaumes, il était à désirer qu'elle acceptât en mariage quelque noble d'Angleterre et notamment le duc de Norfolk, qui était le premier de la noblesse de ce royaume et le plus convenable entre tous*. » Le gentilhomme que les membres de la haute noblesse avaient dépêché vei's elle, lui remit en leur nom une letti'e très-affectueuse écrite de la main même de Leicester*. Marie
* Leshfs Negoùaûons, dans Anderson, t. ÏII, p. 50.
^ /6îc£, p. 52. — Camden, édition de Hearne, t I, p. 186.