‹ Histoire de Marie StuartChapitre 47 sur 224 · CHAPITRE yill · texte numérisé non relu

CHAPITRE yill

public, il parut fidèle aux engagements qu*il avait pris en Angleterre, mais en secret il excita les partisans du jeune roi et les amis jaloux de la cause presbytérienne à repousser une union aussi dangereuse *.

I/assemblée, de qui paraissait dépendre le sort de Marie Stuart, se réunit à Perth le jour fixé. Elle comptait plus d'adversaires que de soutiens du rétablissement de la reine dépossédée. Elle entendit les prppositioris assez équivoques que lui adressait à cet égard la peu sincère Elisabeth. Ces propositions étaient au nombre de trois. La reine d'Angleterre invitait les États d'Ecosse ou à rendre la plénitude de l'autorité à Marie Stuart, ou k l'associer avec son fils dans l'exercice du pouvoir royal , ou à la recevoir simplement comme une personne privée en lui assignant un revenu conforme à son rang. Les laisser libres de choisir entre ces divei's projets , c'était les encourager à les repousser tous. Elisabeth n'avait pas cette molle condescendance pour la volonté d'autnii, loi'squ'elle désirait sérieusement faire prévaloir la sienne. Aussi l'assemblée de Perth, profitant de l'indépendance que respectait en elle une princesse ordinairement moins scrupuleuse, repoussa sans hésiter ses deux premières propositions. Elle déclara dangereux et impossible le retom' pur et

* Lesly's Negotîatiotis , Anderson, t. III, p. 71.

simple de Marie Stuait sur le trône, et même le partage de l'autorité royale entre elle et son fils*. Restait le troisième projet, c est-à-dire la rentrée de Marie en Ecosse pour y vivre en personne privée, sans aucun pouvoir, et néanmoins dans une situation convenable à son ancienne dignité. Marie n'aurait plus été souveraine, mais elle aurait cessé d'être prisonnière. Bien que l'assemblée trouvât des inconvénients et des périls à admettre auprès d'un monarque enfant, à côté d'un régent envié, la reine qui avait si longtemps gouverné le pays et qui y disposait encore d'un parti si puissant, cet arrangement ne fut pas tout d'abord rejeté*.

Vint alors l'examen de la demande que Marie Stuart adressait, à l'assemblée d'annuler son mariage avec Bothwell, afin qu'elle pût en contracter un autre. Elle espérait associer le parlement d'Ecosse à la pensée qu'avait embrassée la noblesse d'Angleterre, et faciliter avec le duc de Norfolk le nouveau mariage dont elle attendait sa délivrance et sa restauration. Le débat sur cette demande devint exti'êmement vif, et les deux partis firent éclater toutes leurs passions. Lethington approuva entièrement la rupture d'un mariage qui avait été si désastreux, et soutint que le divorce de la reine pouvait être pro-

* Lord HundsoD à Cecil , Berwick, ô août 1569 , au Stat. Pap. Off., et dans Tyller, t. Vlï, p. 284, 285.

* Tyller, t. VII , p. 285.

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