CHAPITRE VIII
nonce sans détriment pour le roi et sans danger pour l'Église établie. James Makgill, secrétaire de l'assemblée, combattit cette opinion avec la baine d'un ennemi et le fanatisme d'un presbytérien. Marie Stuart écrivait aux États d'Ecosse comme étant toujours leur reine. Makgill s'en indigna, et dit qu'ils ne reconnaissaient d'autre maître que le jeune roi. Il reprocha aussi à Marie Stuart de parler de l'archevcque de Saint-André comme du chef de l'Église, tandis qu'il n'était qu'un rebelle et un hérétique. Il déclara que discuter de pareilles prétentions , c'était en admettre la justice , et se rendre coupable de trahison envers l'État et de blasphème envers l'Église *.
. Malgré la résistance de Lethington , qui s'étonna, avec une amère ironie, de voir ceux-là même qui s'étaient naguère le plus déchaînés contre ce mariage s'opposer aujoin-d'hui à sa rupture, les intérêts ardents du parti victorieux, les passions inexorables de la secte presbytérienne et les menées secrètes de l'ambitieux régent, l'emportèrent dans la convention de Perth. Après des débats tumultueux, cette assemblée se sépara sans même avoir admis la possibilité du séjour de Marie Stuart en Ecosse comme personne privée, ni voulu prendre part à son divorce avec Bothwell*. Murray l'annonça à Elisabeth, en
* Tytier, t. VU, p. 284, 285, — ' /6/V., p. 285.
lui déclarant « qu'il ne pouvait pas entendre à la restitution de la reine dépossédée sans offenser sa conscience et sans préjudicier,au petit roi son maîu-e et au bien du pays. » Il ajouta qu'il « estimait avoir assejs bien établi le jeune roi pour le pouvoir défendre par la force ^, )î
Le résultat de l'assemblée de Perth ne devait ni contrarier Elisabeth ni la surprendre. Mais il trompa le§ espérances de Marie Stuart. Ne pouvant plus compter sur l'Ecosse, où ses partisans étaient emprisonnés et soumis, et où ses adversaires refusaient opiniâtrement de se réconcilier avec elle, cette princesse n'avait plus d'autre ressource que l'intervention résolue de la grande noblesse et l'appui des puissances catholiques du continent avec lesquelles s'entendaient les principaux chefs de cette noblesse. Le duc de Norfolk tenait depuis quelque temps maison ouverte*, pour gagner plus de monde à ses projets et accoutumer, par Iç spectacle de sa magnificence, à l'accroissement prochain de sa grandeur. « Les affaires de la royne d'Escoce, écrivait la Mothe Fé-
» Dépèche de La Mothe Fénelon du 15 août 1569, t. II, p, 154*
^ « Tbe dqke.M was tbe more incouraged to sett forward bis purpose, by publique enterteinmeut of tbe nobilitie and councell , in kepinge open bouse, anb usinge ail bonest fiimiliaritie with gentlemen for obteynlnge of universall good will tberto. »> Lesly*s Negotiations. Anderson , t. III , p. 64.