‹ Histoire de Marie StuartChapitre 62 sur 224 · CHAPITRE Vlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlll

un pied dans la tombe \ Elle aurait été peut-être accordée, lorsqu'un événement sinistre mit un terme à cette négociation.

James Hamilton de Bothwell-Haugh avait juré une haine à mort au régent. Fait prisonnier à la bataille de Langside^ il était redevenu libre après l'arrangement conclu le 13 mars 1569 à Glasgow entre le régent et le duc de Châtellerault. Mais il avait été dépouillé de tous ses biens. La confiscation y qui ruinait les vaincus et enrichissait à leurs dépens les vainqueurs , était le moindre effet des guerres civiles. Cette triste loi de la défaite aurait été probablement |subie avec résignation par Bothwell- Haugh si elle n'avait pas été iniquement étendue à sa femme, qui devait être étrangère à son châtiment comme elle l'avait été à sa querelle. Celle-ci possédait, siu* la rivière d'Esk, le petit domaine de Woodhouselee, qui fut attribué à Bellenden , l'une des créatures du régent les plus dévouées , mais les plus avides. La dureté de la spoliation vint s'ajouter encore à son injustice. Au milieu d'une nuit d'hiver, la malheureuse femme de Bothwell-Haugh fut chassée par Bellenden de l'humble demeure où elle s'était retirée, et elle erra à demi vêtue dans un bois où on la trouva folle le lendemain. Le désespoir lui

* « With bis one foot in the grave. » John Rnox à Cecil, 2 janv. 1570, au State Pap. Off., et dans Tytler, t. VII, p. 300, 301.

avait fait perdre la raison *. Dè« ce jour, le seiittment d'une implacable vengeance entra- dans le cœur de Bothwell-Haugh\ Il résolut de tuer le rér gent , auquel il faisait remonter la désolation de sa maison. Plusieurs fois il l'essaya sans y parvenir. Sa haine, encouragée par les Hamilton, chercha une occasion de punir l'auteur de sa ruine, d'abattre l'oppresseur de son parti. Cette occasion se présenta bientôt.

Le régent devait se rendre de Stirling à Edimr bourg en traversant la ville de Linlithgow. Dans la principale rue de cette dernière ville, l'archevêque de Saint^André, oncle de BothwelLHaugh, avait unç maison devant laquelle passait nécessairement JVIurr ray avec son cortège. Il la mit à la disposition de Bothwell-Haugh, qui S'y établit et y disposa tout pour accomplir sûrement l'acte de vengeance qu'il avait concerté avec les Hamilton. Après avoir fortement bairicadé la po|*te qui communiquait à la grande rue , avoir fait seller un cheval sur les der»rières de la maison, il se posta dans une galerie de bois d^où il pouvait ajuster son ennmni en toute sûreté. Comme surcroit de précaution^ il répandit sur le plancher la plume d'un lit, afin de n'être pas tmhi par le bruit de ses pas , et il couvrit la mu^ raille placée derrière lui d'un drap noir pour que

* Tytler, t. VU, p, 303, 304. ^ D'après surtout ms. Calderwood, Ayscough, 4735, p. 746, 747.

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