‹ Histoire de Marie StuartChapitre 63 sur 224 · CHAPITRE VIII. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. m

son ombre n y fÙt pu projetée et aperçue. Cela fait, il attendit, tout éperonné et avec son arquebuse chargée de quatre balles à côté de lui y l'arrivée du régent ^

Murray avait passé la nuit dans une Qiaison du voisinage. Des avis lui étaient parvenus sur le dan^ ger qui le menaçait. Un de ses amis Tavait même décidé à éviter la grande rue de Linlitbgow et à prendre les dehors de la ville. Mais la foule , qui se pressa autour de lui ^ Tempêcha de revenir sur ^es pas. Il 6 engagea avec son tranquille courage , dans Linlitbgow au milieu des acclamations de la mul^ titude qui le suivait ^. Il s avança à cheval et avec lenteur à travers la grande rue jusqu'à la maison de larchevéque. Arrivé là, il s'offrit lui-même aux coups du meurtrier, qui, le visant à son aise, déchargea sur lui son arquebuse. Atteint par les balles au-dessus de la ceinture, le régent tomba mortellement frappé '. A cette vue , le peuple se précipita vers la maison d'où le coup était parti. Mais tandis qu'il cherchait à l'enfoncer, Bothwell-Haugh , s'é»vadant par la porte de derrière , était monté sur le

* History of king Jame« the eixtb, p. 46, — Tyller, U VII, p. 305,

9 Huosdoa à Ceeil , 36 janv, 1570, au Stat. Pap. Off., et dans Tytler, t. VU, p, 305, 306.

> Hansdon à Cecil, 24 janvier 1570, 0t 36 janvier 1570, au Stat. Pap. Off., et dans Tytler, t. VII, p. 306.

i^8 MARIE STUART.

cheval qu'il tenait tout prêt , et avait fui à travers champs dans la direction du château d'Hamilton. Lord Claude Hamilton, le commandeur d'Arbroath, et l'archevêque de Saint-André l'y attendaient et reçurent ce meurtrier conune le libérateur de leur parti \

Murray expira le jour même, 23 janvier 1570, dans des sentiments de noble douceur et de grande piété *. Sa mort causa une immense joie à tout le parti de Marie Stuart en Ecosse *; elle satisfit tous les princes catholiques de l'Europe ^. Pour les amis de la reine prisonnière , Murray avait été un sujet ingrat, un frère inhumain, un rebelle odieux ; pour les rois^ un adversaire triomphant de l'autorité légitime. En lui succombait le chef habile du protestantisme

* Hunsdon à Elisabeth, 30 janv. 1570, et Information anent the punishment of the regent's murder, au Stat. Pap. Off., et dans Tytler, t. VII, p. 307.

* Spottiswood, p. 233.

* Hunsdon à Cecil , 30 janv. 1570, et dans Tyller, t. VII, p. 312. — Marie Stuart en fut également satisfaite, et donna une pension à Bothwell-Haugh. « Ce que Bothwellhac a faict a esté sans mon commandement; de quoy je lui sçay aussi bon gré et meilleur que si j'eusse esté du conseil. J'attends les mémoires qui me doivent estre envoyez de la recepte de mon douaire, pour faire mon estât, où je n'oublieray la pension dudict Bothwellhac* » Marie Stuart à l'archevêque de Glasgow, 28 août 1571. Labanoff, t. III, p. 334.

* Norris à Cecil , d'Angers , 17 et 25 févr. 1570 , au Stat. Pap. Off., et dans Tytler, t. VII, p. 312, 313.

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