CHAPITRE VIII
ditlons désavantageuses qui lui étaient offertes , en assurant toutefois au souverain pontife qu elle ne manquerait ni aux devoirs de la conscience , ni aux lois de l'honneur, et que son fils serait élevé catholiquement en Angleterre, où elle se voyait réduite à l'envoyer comme otage ^
Terminé en quelque sorte à Chatsworth, cet arrangement devait se conclure à Londres. Des commissaires écossais des deux partis y furent appelés pour s'entendre avec Elisabeth sur la restauration de la reine prisonnière et l'alliance étroite des deux royaumes. L'évêque de Gallow^ay et lord Livingston, désignés par le parti fidèle à Marie, y vinrent * avec empressement et se joignirent à l'évêque de Ross. Mais le comte de Morton , l'abbé de Dumferling et James Makgill, choisis comme les négociateurs du parti contraire, se firent longtemps attendre. Quatre mois après que Cecil et Mildniay* avaient quitté Chatsworth , deux mois après que l'évêque de Galloway et lord Livingston étaient arrivés à Londres , Morton , Makgill et Pitcaim n'y avaient pas encore paru *. Lorsqu'ils s'y rendirent , le traité était déjà fort compromis. Le duc d'Albe en désapprouvait la
* Lettre du 31 octobre 1570, dans Bzovius, p. 710.
* Lesly's Negoûattons, Anderson, t. III, p. 111.
' Lesly's Negotiations. Anderson, t. III, p. 125. — Lettre de Marie Stuart au comte de Sussex. Labanoff, t. III, p. 197, 199.
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teneur ' , et Châties IX se montrait défavorable aux deux clauses les plus essentielles pour Elisabeth, à la rupture des anciennes ligues entre rÉco^se et la France et à l'envoi du prince royal en Angleterre *. Maïs à ces conditions même, Elisabeth, qui n'avait pas été un moment sincère •, n'était pas disposée à délivrer Marie Stuart. Elle multipliait les difficultés et ajoutait de nouvelles exigences aux anciennes *. Morton , Pitcaim et Makgill vinrent en aide â Ètê artifices par leurs refus. Us déclarèrent qu'ils n'avaient pas le pouvoir de rétablir Marie Stuart en Ecosse ni de remettre entre les mains d'Elisabeth la personne de leur jeune souverain , et qu'ils n'étaient autorisés qu'à unir, par de bonnes relations, les deux royaumes *. Soîis ce prétexte grosder, Ëlisâ*-
* « B* (duke of Al va) hath declared openly he is of opinion that if tlie former apointement tas effect , it shall he to my destruction atid ruin. n Méitioit-e adressé pttP Marie Staart h l'évoque de Ross 5 S février 1571^ dati^ Labâtloff ^ t. III, p. 183.
* Marie Stuart à La Mothe Fénelon, 81 mars 1571. Labanoff , t. III, p. 262, 263. — Leslys Negotiations . Anderson, t. Ilî, p. 121. — Correspondance de La Mothe t'énelon^