‹ Histoire de Marie StuartChapitre 7 sur 224 · CHAPITRE VII. n · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. n

lemore pour annoncer à Marie Stuart et à Murray son intention déjuger et d'arranger leurs différends. Midlemore devait exiger que les hostilités fussent suspendues en Ecosse ', où le régent victorieux à la tête de six mille bommes , et suivi d'un train d'artillerie, accablait ses ennemis et imposait à tout le monde l'obéissance au jeune roi ^. Élisabetb ne se contentait pas de rendre ce service au parti dans ce moment abattu de Marie. Afin d'inspirer à cette princesse plus de confiance, elle écrivait à Murray une lettre sévère où elle se montrait aussi surprise que choquée des actes auxquels il avait dû son élévation et qui avaient causé l'abaissement de la reine d'Ecosse. — « Tout cela, lui disait-elle, ne pouvait que paraître fort étrange à nos oreilles, étant nous-même prince souverain, ayant un royaume et des sujets commis à notre pouvoir tout comme la reine d'Ecosse. Pour y remédier, cette reine a requis notre aide , en qualité de sa plus proche parente et voisine, et pour se justifier, elle a bien voulu nous confier l'examen et le jugement de sa cause. Nous avons dès lors cru utile et nécessaire non-seulement de vous informer des charges qui pèsent sur vous et les vôtres, mais de vous sommer de ne plus pour-

* Some private Instructions to Mr. Midlemore. Anderson, t. IV, part. 1, p. 67.

* Lettre de Knollys à Cecil du 12 juin 1568, dans Anderson, t. IV, part. I, p. 77, et Tytler, t. VII, p. 223, 224.

suivre, soit pai* la loi, soit par les armes, ceux qui ont embrassé son parti ou qui se sont joints à elle. Vous aurez aussi pleinement et suffisamment à répondre devant nous à toutes les accusations dont ladite reine vous charge comme auteurs de crimes nombreux et graves contraires aux devoirs naturels des sujets envers leurs princes. Après avoir été ainsi dûment éclairée des deux parts, nous espérons, avec l'assistance de la grâce de Dieu, faire servir nos actes et nos décisions d'abord à sa gloire, ensuite à la conservation de notre propre honneur aux yeux des autres princes, enfin, au maintien et à Taccrois* sèment de la paix et de l'union entre ces deux royaumes ^ «

Midlemore , arrivé à Carlisle le 13 juin , parut le lendemain au matin devant la reine d'Ecosse, en présence de lord Scroope et du vice-chambellan KnoUys*. Il lui répéta, avec une assez grande dureté de langage, que la reine sa maîtresse, par soin de sa propre réputation, ne pouvait pas la voir tant qu'elle n'aurait pas prouvé qu'elle était étrangère au meurtre de son mari^. Marie Stuart se plaignit vivement de cette offense et demanda si elle était prisonnière*. Midlemore lui répondit qu'elle ne

* Lettre d'Elisabeth à Murray du 8 juin 1568, dans Andersen, t. IV, part. I, p. 68 à 70.

2 Lettre de Midlemore à Cecil du 14 juin 1568, dans Andersen, t. IV, part. I, p. 81.— * /6irf., p. 83.— */6m/., p. 84.

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