‹ Histoire de Marie StuartChapitre 8 sur 224 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

l'était point'. Mais il la dissuada de rechercher un entretien avec la reine d'Angleterre, de peur, dit-il, que ses ennemis , suspectant la partialité de cette princesse envers elle, ne voulussent plus l'accepter pour juge de leur cause *. — « S'il vous plaît, ajoutat-il, d'attendre qu'un procès régulier ait établi votre innocence , vous verrez de quel cœur et avec quelle joie la i^ine ma souveraine vous embrassera et em-> ploiera pour Votre Grâce tous les moyens qu'elle peut désirer*. «

A ces mots de juge, de procès, Marie, émue de colère, dit avec fierté : <« Je n'ai pas d'autre juge que Dieu; personne ne peut entreprendre de me juger. Je sais qui je suis et je connais les droits de mon rang. Il est vrai que de ma propre volonté, et d'après la pleine confiance que je mettais dans la reine ma sœur, je lui ai offert de la rendre juge de ma cause. Mais comment cela peut-il se faire , lorsqu'elle ne veut pas permettre que j'aille vers elle^? « Malgré tous les efforts de Midlemore pour la rassurer en lui donnant connaissance de la lettre d'Elisabeth à Murray, en soutenant que le procès devait servir à pour* suivre ses accusateurs , à la rétablir dans son autorité comme dans son honneur, Marie réclama ou d'être admise auprès d'Elisabeth, ou d'être prompte-

* Lettre de Midlemore à Cecil du 14 juin 1568, dans An* derson, t. IV, part, i, p* 84.

» md., p. 86, 87. — » /6tr/., p. 87. — * IhU, p. 87.

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ment secourue, ou d'être laissée libre d'aller chercher aillevu's les moyens de rentrer dans son royaume et de se venger de ses sujets ' .

Le même jour, tout agitée encore par cet entretien , elle adressa à Elisabeth une lettre pathétique et altière. Elle s'étonnait que la reine d'Angleterre ne voulût pas la recevoir sous le prétexte que cela lui tournerait à déshonneur'^. — « Hélas! madame, lui disait-elle, où ouistes-vous jamais un prince blasmé pour escouter en personne les plaintes de ceux qui se deuUent d'estre faussement accusez*? » — S'indignant de la proposition offensante d'entrer dans un débat contradictoire avec ses sujets, elle s'écriait : — « Ostez , madame , hors de votre esprit que je sois venue icy pour la sauveté de ma vie (le monde ni toute Escosse ne m'ont pas reniée), mais pour recouvrer mon honneur et avoir support à chastier mes faulz accusateurs , non pour leur répondre à eulx comme leur pareille...., mais pour les accuser devant vous que j'aye choisie entre tous autres princes pour ma plus proche parente et parfaicte amye; vous faisant, comme je supposois, honneur d'estre nommée la restitueresse d'une royne qui pensoit tenir ce bienfait de vous....; je vois à

* Lettre de Midlemore à Cecil du 14 juin 1568, dans Anderson , t. IV, part, i, p. 88.

2 Marie Stuart à Elisabeth. Labanoff, t. Il, p. 97.

3 Ibid.

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