CHAPITRE VIII. U
duc de Norfolk \ Sans le rendre entièrement libre, elle lui avait permis de vivre dans ses maisons sous une garde qui n était pas très-sévère *. Mais elle avait exigé qu'avant de quitter la prison d'État il promit solennellement de n'avoir aucune communication avec la reine d'Ecosse et de ne plus songer à l'épouser. Le duc en avait pris l'engagement écrit et scellé de ses armes ^. Malgré les peines terribles auxquelles il s'exposait en le violant , puisqu'il avait consenti à être, dans ce cas, considéré et traité comme un traître, il continua, par l'entremise de l'évéque de Ross, ses relations écrites avec Marie Stuart, qui, dans les termes les plus ardents ou les plus affligés , montait son âme à l'ambition ou au dévouement, se disait toute à lui, et le suppliait avec une irrésistible effusion d'être tout à elle *.
Lorsqu'elle vit que la négociation engagée entre elle et Elisabeth était sans bonne foi et serait sans issue, et qu'elle rentra dans les voies nécessaires et périlleuses des conspirations, Marie Stuart y en-
* Lesly's JVegodations, dans Anderson, t, III, p. 97. « Ibid., p. 98.
* «< Did give his band and oblig^atioun to the quene of England, written and subscribed with his hand, and sealed with his seale before his departinge forth of the towre, obligînge him under paîne of his allegiance, tbat he shall never medle in that marriage with she Q. of Scotland, » etc. Leshfs Negoûationsy p. 98.
* Labanoff, t. UI, p. 11, 19, 31, 35, 36, 47, 61/
4Ô0 MAKIE STUAHT.
traîna le duc de Norfolk. L evêque de Ro8« conçut tout le plan de la conspiration nouvelle, dont le Florentin Ridolfi dut être l'agent auprès du duc d'Albe , de Pie V et de Philippe IL Ridolfi n était pas seulement un, riche banquier de Florence , parent des Médicis, directeur de la compagnie des marchands italiens établis à Londres^ il était le correspondant mystérieux du souverain pontife, le créancier influait de plusieurs grands seigneurs d'Angleterre , dont 11 recevait les confidences et qu'il détachait, autant qu'il était en son pouvoir, d'Éli* sabeth et du protestantisme. Détenu pendant quelques mois après l'insurrection catholique du nord, dans laquelle il était soupçonné d'avoir mis la main , il avait recouvré la liberté en donnant une caution de 1 ,000 livres sterling. Il crut que le moment était arrivé de délivrer, à l'aide du pape et de Philippe II , la reine d'Ecosse, de la marier au duc de Norfolk converti au catholicisme , et de rétablir l'ancienne religion dans les deux royaumes de l'ile de Bretagne. L'évêque de Ross et lui eurent, à ce sujets des communications et des conférences secrètes avec le duc de Norfolk'. Des instructions fort étendues furent rédigées au nom du duc et au nom de la reine pour
* Barker*s anâwerd to the last déclaration , dans Murdin , p. 103. — The exaraination of W. Barker. /6W., p. ] 11* — - The bishop of Ross's examination. Murdin, p. 24, S5. — » Lestys Negotiatwns, dans Anderson, t. m, p. 150.