‹ Histoire de Marie StuartChapitre 78 sur 224 · CHAPITRE VIII. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. m

d'Anjou et de faire périr la reine d'Écos8e; si le coup ne devait pas s'exécuter pendant qu'elle serait en voyage, ou, plus facilement encore, quand elle irait à la maison de campagne d'un des conjurés , qui avaient auprès d'elle des personnes sur lesquelles ils pouvaient compter; s'il ne fallait pas venir à leur secours dans le cas où ils commenceraient l'affaire , qu'ils n'entreprendraient que sur les ordres du roi catholique. Les conseillers d'État donnèrent leur avis , qui fut et qui reste consigné par écrit. Le duc de Feria opina le premier. — « Dans la situation ac- » tuelle, dit-il, l'affaire est embaiTassante , mais il » convient que le roi catholique ne l'ajourne pas. » La reine d'Ecosse est la vraie héritière * du royaume » d'Angleten-e, et elle remplira les devoii's de la ren ligion et de l'amitié. Si nous la laissons succom- » ber, nous perdons tous ceux qui lui sont dévoués. » La proximité du duc d'Albe doit faciliter la chose, » pour laquelle il ne faut pas perdre un instant , si » on doit la faire. « Don Hemando de Toledo, grand prieur de Castille , qui opina après, dit que Ciapino Vitelli était l'homme propre à accomplir l'entreprise sous la direction du duc d'Albe, et que, selon Vitelli , les mois de septembre et d'octobre étaient bons pour cela. Ruy Gomez de Silva , prince d'Éboli , fut d'avis d'écrire immédiatement au duc d'Albe de

^ « La verdadera successora. »

tenir prêtes les sommes nécessaire^ à son exécution. Le docteur Martin Velasco parut y incliner moins que les autres. Il dit qu'on supposait que la reine se^ rait prise et que sa mort finirait tout; mais qu'il était à craindre que des communications faites à des personnages puissants ne fussent dangereuses; qu'il valait mieux les pousser, sans prendre d'engagé^ ments avec Ridolfi ; ne pas leur écrire , leur en-t voyer de l'argent, et leur promettre indirectement qu'ils seraient secourus au moment opportun. Le grgnd inquisiteur, cardinal archevêque de Séville, soutint que le duc d'Albe avait tous les moyens de rendre certain le succès de l'eutreprise , et qu'il faU lait, dans cette vue, mettre deux cent mille écus à sa disposition, en annonçant que Je mouvement s'opérait en conformité de la déclaration du pape dans sa buUe. Le cardinal ajouta que Ciapino Vitelli s'était offert lui-même à aller prendre la reine d'Angleterre dans ime de ses maisons de plaisance avec douze ou quinze hommes résolus , qui se présenteraient devant elle, sous le prétexte de lui demander justice.

Le duc de Feria s'éleva contre l'idée émise par le grand inquisiteur d'agir en Angleterre au nom du pape; il maintint qu'on devait se fonder sur le droit qu'avait- la rc^ine d'Ecosse à la succession de ce royaume. Il ne trouva point aisé de s'emparer de la reineÉlisabeth avec quelques hommes, sentiment que

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