‹ Histoire de Marie StuartChapitre 80 sur 224 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Angleterre et deviendrait alors fatale aux Pays-Bas. Après avoir ainsi tergiversé pendant plusieurs mois , il finit par s'abandonner entièrement à la décision du duc d'Albe, auquel il écrivit, le 14 septembre : — u Voyant que vous pensez d'une manière résolue n et ferme qu'il ne convient pas de passer si avant » dans cette affaire , à moins que les confédérés ne >rse montrent en force, et considérant le soin habile » que vous y apportez , je suis conduit à vous la re- » mettre entre les mains, afin que, examinant le j> tout , vous agissiez comme vous jugerez qu'il im- >» porte au service de Dieu et au nôtre, et je suis asn suré que vous dirigerez cette grande entreprise » avec le zèle , la sollicitude et la prudence qu'elle » requiert'. >»

Pendant qu'on délibérait en Espagne, les plus hardis des conjurés excitaient le duc de Norfolk à se déclarer en Angleterre. Elisabeth, après cinq années de suspension dans la tenue des parlements, dont l'indocilité croissante l'avait irritée et inquiétée, en avait convoqué un qui s'était assemblé à l'époque même où la conspiration se poursuivait sur le continent. Ce parlement devait porter des lois terribles contre ceux qui contesteraient les droits de la reine d'Angleterre, à quelque titre que ce fût soit politique soit religieux. Ainsi, réclamer un droit à sa couronne pendant sa vie; soutenir que sa succès-

* Apuntarmentos , p. 208, col. 2,

sion pouvait revenir à d'autres qu'à ceux qui y prétendraient comme étant sa posténté naturelle ^ ou qu'il n'était pas permis de la régler par des statuts passés en parlement; infirmer son autorité royale sous prétexte qu'elle était hérétique et schismatique, devint un crime de haute trahison'. Lorsque le parlement s'assembla , et avant qu'il prît ces mesures conservatrices en faveur d'Elisabeth et contraires tout à la fois à la bulle récente du pape, et aux désirs perpétuellement manifestés par Marie Stuart, l'évêque de Ross crut que la réimion de la principale noblesse à Londres offrait au duc de Norfolk l'occasion de se déclarer et de réussir. Il avait reçu de Bruxelles, par Ridolfi, des nouvelles que le conjuré florentin avait présentées comme favorables", et il fit presser le duc de Norfolk de devancer et de contraindre le secours qu'on attendait d'Espagne ^ en profitant de la présence de tant de seigneurs réunis à Londres pom* se mettre à leur tête, s'emparer de la tour, qui était l'arsenal et la forteresse du pays, et se saisir de la reine elle-même. Norfolk craignait trop pour tant oser» Tout au plus s'il consentait à prendre les armes, lorsque la présence d'une force

* CamJen, t. II, p. 241. — Linçard, t. VIII, ch. it.

* Lcsly's Negotiations, Anderson , t. III , p. 162 , 163. -^ ^ The examination af Will. Barker, Murdin, p. 110, et amsi Murdin, p. 16, 17 et 25.

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