CHAPITRE VIII
étrangère l'y encouragerait \ Ainsi 5 tandis que les Espagnols subordonnaient l'invasion de l'AngleteiTe au soulèvement des conjurés ou à la mort d'Elisabeth 5 le chef timide des conjurés ne voulait se déclarer qu'après l'apparition des Espagnols. C'était conspirer pour se perdre et non pour triomphera II était impossible qu'avec tant de lenteur sur le continent, tant d'hésitation dans l'ile, les conjurés écrivant toujours sans agir jamais, tout ne fût pas découvert et déjoué par le gouvernement soupçonneux et vigilant d'Elisabeth.
Peu de temps après que Ridolfi était arrivé à Bruxelles, Cecil, que Elisabeth venait de créer baron de Burghley *5 avait été déjà mis sur la voie de la conspiration. Vers le 10 avril , on avait arrêté à Douvres un Flamand nommé Charles Bailly 5 dont l'évêque de Ross se servait à Bruxelles afin d'y imprimer un livre destiné à défendre l'honneur et les droits de la reine d'Ecosse. Sachant qu'il avait toute la confiance de l'évêque^i Ridolfi l'avait instruit de sa mission, et l'avait employé à chiffrer les cinq dépêches qu'il adressait à Marie Stuart, à l'évêque de Ross, au duc de Norfolk, à lord lAimley, gendre du comte d'Arundel, et à don Gueraldo d'Espès, sur les dispositions du duc d'Albe et ses entretiens avec
* Leslys Negotiations . Andersen, U IIÏ, p. 209 à 213. -*- Answer of the Dishop of Ross. Murdin, p. 42-43. > Camden, p. 223-224.
lui. Ces lettres, qui contenaient tout le secret de la conspiration , avaient été saisies dans les bagages de Bailly au moment où il débarquait en Angleterre *. Le paquet en avait été déposé dans les bureaux de lord Cobham, gouverneur des cinq ports, qui, soit incurie, soit complicité, avait souffert que l'évéque de Ross y substituât un paquet de la même forme et contenant des pièces tout à fait insignifiantes^. Bailly n'en avait pas moins été mis en prison à Mai^balsea, d'où il avait engagé, avec l'évéque de Ross , une correspondance qui , livrée à Burghley, avait appris au ministre d'Elisabeth que les véritables lettres de Ridolfi avaient été remises à l'évéque de Ross*. Bailly, conduit alors à la tour et appliqué à la torture , avait révélé tout ce qu'il savait de la conspiration^. Par l'ordre de Burghley, on avait arrêté l'évéque , dont les papiers avaient été fouillés sans qu'on y trouvât rien. Interrogé ensuite par quatre lords du conseil, l'évéque avait refusé de répondre, prétendant n'avoir à rendre compte de ses actions qu'à la reine sa maîtresse"*. Devenu pour la seconde fois prisonnier , il avait été laissé
* Leslys Negotiations. Anderson , t. III, p. 163 , 164. ^ Ibid.,p. 164.
• Voir les lettres écrites de la prison à l'évéque de Ross par Bailly. Murdin , p. 2, 3, 5, 6, 7.
* Lesly's Negotiations. Anderson, t. III, p. 164, 165.
• Ibid., p. 165, 166.