‹ Histoire de Marie StuartChapitre 84 sur 224 · CHAPITRE VIIL m · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL m

Lorsque Finstruction de ce grave procès se trouva assez avancée, le lord maire et les aldermen de la cité furent convoqués dans Westminster, Ils y virent les preuves de la culpabilité du duc et reçurent l'invitation de les communiquer, dans Guildhall, &^wi principaux habitants de Londres', afin de préparer le peuple à son jugement et à sa condamnation.

Tout étant ainsi disposé, Elisabeth fit traduire, le 14 janvier 1572, le duc de Norfolk devant vingts-sept comtes ou lords formés en jury dans la grande salle de Westminster, et présidés par le comte de Shrew^bury, quelle avait nommé grand stewart à cette occasion^. IjC duc comparut devant ses juges avec toute la dignité de son rang ^, et il montra plus de fermeté d ame qu'il n'en avait fait paraître jusqu'alors. Accusé d'avoir voulu priver la reine de la cou-^ ronne et par conséquent de la vie ; de n'avoir songé à épouser Marie Stuart, qu'il avait traitée d'adultère et de meurtrière, que par ambition, afin de se «ervir du titre auquel elle prétendait et de montçr avec elle sur le trône d'AngleteiTe; d'avoir aidé le^ ennemis de la reine en Ecosse et comploté sur le continent avec le pape et le roi d'Espagne pour changer la religion et renverser le gouvernement du royaume* : il ne se défendit pas sans adresse et

* Leshfa Negoûaûons, dans Anderson, t. III, p. 187.

> HowelPa state Trials, vol. I. p. 957. — » ftW., p. 950.

* Ce furent les trois principaux chefs d'accusation. Voir

sans vraisemblance. Convenant de tout ce qu'il ne pouvait pas contester, il assura avoir connu des choses qu'il n'aurait pas dû apprendre, mais auxquelles il n'avait pas voulu adhérer*. Quoi qu'il repoussât toute pensée de trahison à l'égard de la reine et qu'il présentât son inaction même comme une preuve de son innocence , il fut reconnu coupable par l'unanimité de ses pairs, et condamné, le 16 janvier, à périr du dernier supplice*. En entendant sa sentence, il protesta qu'il mourrait aussi fidèle à la reine que tout homme vivant, puis ildit à ses juges avec émotion : — « Mylords, vous m'avez reti^anché de votre compagnie, mais j'espère être bien* tôt dans une compagnie meilleure. Je ne demande à aucun de vous d'intercéder pour ma vie. C'est fait de moi. Je vous supplie seulement d'être mes très-humbles intercesseurs auprès de Sa Majesté la reine, afin qu'il lui plaise d'étendre sa bonté sur mes pauvres enfants oi^helins, de donner des ordres pour le payement de mes dettes, et de ne pas laisser dans le dénûment mes malheureux serviteurs*. »

le IncHctemenU HowelFs state Trials, vol. I, p. 959 à 965. — Voir aussi le discours du serjeant de la, reine ^ ibid.^ p. 988 à 99â , et celui de Tattorney» p. 1000 et sq.

* Howeirs State Trials > vol. I, p. 1007 à 1013, et 1033, 1034. — Lesiys NegoiiatiMis. Anderson, t. 111, p. 186.

* HowelFs State Trials, vol. I, p. 1031.— » ibid., p. 1032.

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