CHAPITRE VIII. m
Reconduit à la tour, il fit parvenir à la reine une lettre remplie de Taffliction la plus profonde, des repentirs les plus expressifs , en reconunandant à sa générosité ses enfants , u qui , disait-il , n'ayant plus maintenant ni père ni mère , trouveront bien peu d amis \. » Il ne cessa de déplorer les relations où il s'était engagé avec la reine d'Ecosse , et , d'une manière aussi vraie qu'amère , il remarqua « que rien ne prospérait de ce qui se faisait pour elle et par die*. »
Tandis qu'elle était ainsi désavouée avec répulsion par le duc de Norfolk, la triste et funeste princesse était plongée dans la douleur à Sheffield . Depuis la découverte de ses nouvelles trames , die avait été confinée dans deux chambres du château. Sans communication avec ses officiers, servie seulement par quelques-unes de ses femmes, elle se plai-
* Thomas Howard , late duke of Norfolk , to the queen's majesty, janv. 21. Murdin, p. 166, 167.
^ « He sayeth verye earnestly with vowe to hod , that yf he were offered to hâve that woman in marydç, to chuse of that or death , he faad rather take this death that now he is going to, a Hundred parts, and takes his savyour to wytnes of thîs... Fyrst , he sayeth, that nothing that any hody goeth ahoute for her prospereth , nor that els she doth for selfe ; ihè second is,. that she is openly defamed, » etc. Lettre de H. Skyptwith, commis à sa garde, à L. Barghley, du 16 févr. 1572. — Murdin , p. 171 et 172.
n« MARIE STUART.
gnit « qu'on lui ostat l'air et l'exercice S »* et qu'on k privât de recevoir des nouvelles de des parents et de ses sujets et de leur écrire elle-même*. Sa santé ^ déjà ébranlée ^ s'altérait de plus en plus< Le procès du duc de Norfolk lui avait causé une très-grande anxiété. Elle n'était pas sortie de sa chambre de toute une semaine^, pendant qu'on le jugeait $ et, lorsqu'elle avait appris sa condamnation , elle avdit fondu en larmes^. Elisabeth, qui depuis quelque temps avait cessé de répondre à ses lettres, rompit le silence en lui reprochant, avec une sévérité menaçante, ses passions désordonnées^ ses faut6s aveugles, ses complots continuels. Elle l'accusa d'avoir détourné le duc de Norfolk de m fidélité et de s'être montrée ingrate envers elle, qui, disait-elle^ l'avait soustraite à la poursuite de ses sujets , et dà$ lors à ime mort ignominieuse. Marie Stuart, oppo* sant ses griefs réels aux prétendus bienfaits d'Élisa-
^ Marie Staart à La Mothe Fétielon, 18 nov. 1571. Labanoff , t. IV, p. 2.
^Ibid.^p. 18 et 19.
' « AU the last weke this queea did not onet loke out oF her chamber, hering tbat the duke stode upon his arraigQfrment and tryalL » Lettre de sir Ralph Sadler à lord Burghley, de Sheffield, le 21 janvier 1572, EUis, Original lettersj vol, II, p. 331.
* « For the which thi« queeii v^rept vefy bitterly, te that my làdy (la comtesàe de Shrewsbury) fouade her ail to be wept and mourning^, »» Ibid^ , p. 330.