‹ Histoire de Marie StuartChapitre 92 sur 224 · CHAPITRE IX. 4S · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. 4S

25 août à York. Au moment même où cette princesse se croyait en pleine sécurité, arriva la terrible nouvelle du massacre de la Saint-Barthélémy. Un cri d'é- * pouvante et de colère s'éleva dans tout son royaume * , et, remplie de défiance aussi bien que d'indignation, elle assembla son conseil pour délibérer sur ce qu elle avait à faire *. Elle laissa plusieurs jours à Oxford sans lui donner audience l'ambassadeur de France la Motbe Fénelon , qui y était venu afin de justifier ce massacre en l'attribuant à la découverte d'une conspiration des protestants. Lorsqu'elle l'admit enfin en sa présence , elle était accompagnée des seigneurs de son conseil et des principales dames de sa cour, tous vêtus de deuil et gardant un morne silence dans sa chambre privée , qui avait l'aspect lugubre d'un tombeau ^. La Mothe Fénelon traversa cette foule muette dont les regards fixés en terre se détournèrent de lui, et il s'avança vers la reine, qui le reçut avec un visage triste et sévère *. EUe ne dissimula à l'ambassadeur de Charles IX ni son horreur de cet événement , ni son incrédulité au sujet des explications qu'il lui en donna, ni ses craintes sur les suites qu'elle en prévoyait. Elle

* Correspondance de La Mothe Fénelon, t. IV, p. 116, 12L » Ibid., t. V, p. 122.

3 Ibid.y p. 122. — Carte, J General History ofEngland. Lond., 1752, in-f% t. III, p. 52f2.— Lingard, t. VIII, ch. u.

* (Jorrespondance de La Mothe Fénelon, t» V, p. 122.

montra à la Mothe Fénelon une douloureuse »ut^ pri^ et une réprobation défiante de la conduite du roi son maître» et, sur les assurances d'amitié quil lui renouvela de la part de Charles IX , elle lui répondit tt qu'elle craignait bien que ceux qui avaient fait abandonner à ce prince ses sujets naturels ne lui fissent abandonner une reine étrangère comtne elle ^ «

Elle se crut en effet trahie par la cour de France^ et le protestantisme lui parut menacé dans le monde entier par une vaste conspiration , dont le massacre de Paris, qu'elle supposa prémédité, était le signal *. Elle se mit dès lors en mesure de se défendre. Elle resserra ses alliances en Allemagne , où elle envoya préparer des levées * ; elle fortifia Portsmouth , Douvres et l'île de Wight * ; elle arma dix gros navires pour parcourir la Manche et garder les côtes d'Anfîieterre ^ ; elle favorisa la résistance de La Rochelle, restée le dernier boulevard du protestantisme en France ®; elle redoubla de surveillance et de rigueur envers les catholiques de son royaume '^y et s'aiTêta

^ Correspondance de La Mothe FéneloD^ t. Y, p. Iâ6«

»/6ic/., p. 192,207.

» Ibid., p. 132, 136, 148, 175, 198, 210.

* lbid.y p. 153, 198. — Carte, t. III, p. 622. « Ibid., p. 136, 148, 175, 176, 223.

• Ibid., p. 155, 156, 162, 175, 198, 202, 210, 223. ' Ibid., p. 163, 154, 224.

Page 1