CHAPITRE IX
que jour et même à chaque heure , nous voyons que ce sont toujours les mêmes motifs qui nous font désirer qu'elle réussisse, et nous font penser aussi qu'eux doivent y trouver un intérêt plus g^and encore quand ils considèrent leui* sûreté particulière , l'état de leur pays et l'affermissement de la religion , choses qui sont plus en péril pour eux que pour nous... Amplifiez-leur tous ces dangers, s'ils ne les prévoient pas suffisamment... Vousnesauriez rendre un plus grand service qu'en usant de célérité *. »
Killegrew excita, avec l'aide de Knox, le peuple contre les catholiques et contre la France*. En même temps il eut plusieurs conférences avec Mar et Morton sur ce qu'il appelait la grande affaire '. Les deux comtes finirent par consentir à remettre des otages comme garantie de leur résolution à ea>pédier la matière, c'est-à-dire Marie Stuart, quatre hmu'es après qu'elle leur aurait été livrée *, et à dé' tiarrasser ainsi Elisabeth de sa rivale , à condition :
* Ms, letter, Brit. mus, Caligula, c. iii, f..394. — Tytier, t. VII, p. 382,383.
î Ibîd., p. 384, 385.
» The great matter.
* ce I am alfio told, that the hostages hâve been talked of, and that they shall be delivered to our men upon the fields, and the matter distpached within four hours, so as they shall not need to tarry long in our hands. n Ms. letter, Brit. mus. Caligula, c. iii, fol. 375. Killegrew à Burghiey et à l^eicester, 9 octobre 1572- —Tytier, t. VII, p. 388, 389.
que la reine d'Angleterre prendrait leur jeune roi sous sa protection; que les droits de celui-ci ne seraient point infii*més par une sentence prononcée contre sa mère , et seraient maintenus par une déclaration du parlement anglais; quime alliance défensive serait établie entre les deux royaumes; que les comtes de Huntingdon, de Bedford ou d'Essex assisteraient à l'exécution de Marie avec deux ou trois mille hommes, et joindraient ensuite leurs forces à celles du jeune roi pour réduire le château d'Edimbourg; enfin que ce château serait remis au régent, et que l'Angleterre payerait tous les arrérages dus aux troupes écossaises *.
Ces conditions parurent exorbitantes à Killegrew, inacceptables à Burghley, trop coûteuses et trop compromettantes pour l'étroite parcimonie et l'hypocrite cruauté d'Elisabeth *. Elle voulait bien faire ôter la vie à Marie Stuart, mais sans mettre les meurtriers à sa solde et sans se montrer leur instigatrice ou leur complice. Le haut prix que les deux comtes écossais demandaient pour verser le sang de leur ancienne souveraine, et la mort soudaine du régent Mar, qui expira le 28 octobre, à Stirling , non sans qu'on le crût empoisonné , rompirent dans le moment cette odieuse négociation ,
*Tytler, t. VII, p. 392.
» Ibid,, p. 393.