‹ Histoire de Marie StuartChapitre 95 sur 224 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

qui ne fut toutefois entièrement abandonnée qu'en 1754 \ En la voyant échouer, Burghley, rempli d'alarmes et dépourvu de scrupules, écrivit à Leicester une lettre dont les termes étaient couverts , mais significatifs; il y insinuait à la reine, auprès de laquelle se trouvait Leicester, de se débarrasser en Angleterre de Marie Stuart , puisqu'elle ne pouvait l'envoyer mourir en Ecosse. « Si Sa Majesté , disaitil, continue ses ajournements, si elle ne pourvoit pas à sa propre sûreté en se servant des moyens que Dieu lui a départis , elle ainsi que nous tous , nous prierons en vain Dieu , lorsque la calamité tombera sur nous. Que Dieu envoie à Sa Majesté la force d'esprit pour conserver la cause de Dieu, sa propre vie et celle de millions de bons sujets qui tous se trouvent dans un danger manifeste, et cela uniquement par ses délais, de manière qu'elle occasionnera la ruine d'un noble royaume * ! »

Elisabeth n'osa pas suivre ce conseil. Elle ne fit pas périr Marie Stuart , mais elle lui enleva le parti qui lui restait encore en Ecosse, soit en le gagnant, soit en l'écrasant. Morton succéda à Mar, le 24 novembre 1572, dans le titre et l'autorité de régent. he jour même où il obtint cette dignité qu'il ambitionnait depuis longtemps, mourut le réformateur

* Tytier, t. VIT, p. 393, 394.

' Burghiey à Leicester, 8 nov. 1572. Brit. mus. Galig^ula, c. iii, fol. 386, et Tytier, t. VII, p. 394.

Knox. Cet homme véhéaient et inflexible qui , par ses doctrines comme par ses actes, avait tant contribué aux révolutions religieuse et politique de l'Ecosse, languissant de corps*, mais n'ayant rien perdu de la vigueur de son âme et de la violence de son esprit, expira à l'âge de soixante^-sept ans , regretté de l'Église presbytérienne dont il était le fondateur , aimé de la bourgeoisie , qu'il avait rendue plus pieuse , plus instruite , plus active , et respecté par la noblesse , qui lui devait en partie le gouvernement de l'État. Il n'assista point au triomphe définitif et prochain de son parti ; mais il l'entrevit *. Ce triomphe, il était réservé à Morton de l'amener. Encore plus dévoué que son prédécesseur Mar au maintien du protestantisme et à la politique de l'An^ gleterre , Morton mit au service de cette double cause^ dont les intérêts se confondaient ^ une rare habileté, le plus énergique caractère, le pouvoir que lui conférait la régence , et toute la force qu'il avait comme chef de la famille des Douglas.

Secondé par Killegrew , qui décida Elisabeth à lui accorder des subsides et à lui promettre des troupes * , il reprit les négociations que son prédécesseur avait entamées avec les principaux sei-

• M'Crie, Life ofJ. Knox, t. II, p. 226 à 234. ^ Voir plus bas son message à Rirkaldy de Grange^ écrit peu de temps avant sa mort, et M'Crie, t. II, p, 223, 224. » Tytler, t. VII, p. 398.

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