CHAPITRE IX
gneurs restés fidèles à la reine. Depuis la mort du régent Murray , le parti de Marie Stuart s'était composé non-seulement de ceux qui lavaient constamment soutenu, comme les Hamilton et les Gordon, mais encore des transfuges du parti du roi qui s'étaient réunis à lui, comme Kirkaldy de Grange, Lethington et Hume. Morton visa à un accommodement séparé avec chacune de ces fractions , de peur , s'il traitait en même temps avec le parti tout entier , de se mettre à sa discrétion et de s'exposer plus tard à des soulèvements nouveaux. Espérant détacher plus facilement de la reine ceux qui s'étaient ralliés à elle les derniers et que des souvenirs encore récents semblai^t devoir ramener sous l'autorité du roi qu'ils avaient mis sur le trône , il s'adressa d'abord à Kirkaldy de Grange et à Lethington. Enfermés dans la citadelle d'Edimbourg, qu'ils croyaient à l'abri des attaques des Écossais et où ils attendaient les secours que leur avait promis la com* de France s'ils tenaient jusqu'à la Pentecôte de 1573 ^, Lethington et Kirkaldy n'acceptèrent point les offres partielles de Morton , dont ils se défiaient beaucoup. Ils exigèrent que la pacification s'étendît à tout le parti de la reine et que Kirkaldy de Grange conservât le commandement de la citadelle d'Edimbourg six mois après que la pacification au-
* Diffges, p. 314.
rait été conclue *. C'était se donner le temps d atten* dre les troupes de la France, alors occupées au siège de La Rochelle, et se réserver le moyen de recommencer la lutte avec plus de ressources pour la soutenir. Un semblable arrangement ne pouvait convenir à Morton. Renonçant à ramener les Castiliens, comme on les appelait du nom du château qu'ils occupaient, il se tourna du côté des Hamilton et des Gordon.
Ceux-ci , combattant sans succès en faveur de la reine depuis cinq années, commençaient à se lasser de leurs efforts et à sentir leur impuissance. L'intervention décidée d'Elisabeth les décourageait surtout. Aussi se montrèrent-ils disposés à traiter avec le régent, sous la médiation de Killegrew. Il fut secrètement convenu entre eux et Morton qu'on ne poursuivrait point le châtiment des meurtres de Darnley et de son père le régent Lennox*, dans lesq[uels les uns ou les autres pouvaient être plus ou moins impliqués. Après cette assurance donnée et reçue comme un acheminement à la paix, les conditions d'un accord définitif furent débattues à Perth , entre les commissaires du régent d'un côté, le comte de Huntly et lord Arbroath, fils du duc de
*Melvil, Mémoires, t. Il, liv. iv, p. 44 à 50. — - Robertson, liv. vi.
2 Lettre du 26 janv. 1573, au State Pap. Off. — Tyller*, t. VII, p. 405, 406.