‹ Histoire de Marie StuartChapitre 98 sur 224 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

change pas subitement de vie et n'a recours à la miséricorde de Dieu *. « L'approche imminente du danger n'ébranla pas plus les résolutions du courageux KJrkaldy que ne l'avait fait le sombre message de Knox. Avec Lethington, Hume, Robert Melvil, Piladrow , n'ayant pas même deux cents soldats de garnison *, mais se reposant sur la force jusque-là éprouvée de la citadelle, il crut pouvoir attendre les secours qui lui avaient été promis de France.

Ces secours si désirés et si nécessaires ne devaient pas venir*. Elisabeth, au contraire, pressée par Killegrew, résolut de mettre à la disposition de Morton les moyens qui lui manquaient en Ecosse pour abattre ce dernier boulevard d'une cause à peu près désespérée. Deux ingénieurs, qu'elle chargea d'aller examiner la citadelle d'Edimbourg , déclarèrent qu'attaquée régulièrement la place ne tiendrait pas plus de vingt jours*. Le siège en fut décidé, et sir W. Drury, gouverneur de Berwick , dut en avoir la conduite. Drury partit de Berwick avec une troupe de cinq cents arquebusiers, cent cinquante hommes

* M'Crie, Life ofJohn Knox y t. 11^ p. 223, 224.

* Robertson, liv. vi. — Crawford , Mém,, p. 265. .

^ Lethington et Grange au comte de Huntly, 23 février 1573. State Pap. Off., et Tytler, t. VII, p. 411. — Verac, qui amenait un secours de France, avait été jeté par la tempête à Scarborough et retenu en Angleterre. Tytler, t. VII , p. 409.

* Tytler, t. Vil, p. 400.

armés de lances et des pièces de grosse artillerie, qu'il débarqua à Leith. Il se rendit de là à Edimbourg , où il entra le 25 avril, et où il fut joint par sept cents soldats du régent*. Cette petite armée se disposa à assiéger la citadelle au moment même où le parlement assemblé confirma la ligue avec l'Angleterre , rétablit , conformément au traité de Perth , Huntly et Balfour dans leurs possessions et dans leurs titres, et prononça une sentence de forfaiture contre les Castiliens.

Ceux-ci , sommés , au nom du régent et du général anglais, de se rendre, déclarèrent qu'ils s'enseveliraient plutôt sous les ruines de la citadelle. Les canons des assiégeants furent placés en batterie sur des hauteurs d'où ils dominaient les ouvrages de la place, et, le 17 mai, les batteries commencèrent à tirer. Leur feu se dirigea sur le principal bastion de la citadelle, qui s'appelait la tour de David. Il eut bientôt fait taire les pièces assez mal servies du cbâteau, et , après six jours de canonnade non interrompue, le 23 mai , dans l'après-midi , la tour de David s'écroula avec grand fracas. Le lendemain 24, la tour de Wallace fut également abattue, et, le 26, les défenses extérieures de la citadelle furent occupées sans résistance parles assiégeants, qui se préparèrent à donner un assaut général*.

* Tytler, t. VII , p. 413.

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