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Instruisit aussitôt ce seigneur de tout ce qui se passait, et Morton le redit à Leicester, qui en informa aussitôt Élisabeth.
La reine d'Angleterre fut très-irritée contra Norfolk , et Morton ne le fut pas moins contre le régent, qui s'était permis de faire eette démarche sans l'en avertir.
Les amis de la reine restés en Écosse ayant tenté quelque mouvement en sa faveur, Murray saisit ce prétexte pour exprimer aux lords de son parti le désir de quitter l'Angleterre. Mais Us lui reprochèrent si amèrement de les abandonner pour faire sa paix particulière avec Marie, que, gagné par leurs instances et les représentations des commissaires anglais , il produisit ce qu'il appelait ses preuves. C'était la correspondance supposée de la reine avec Bothwel :
aucune de ces pièces ne portait de signature , et l'écriture de Marie n'était pas si bien contrefaite , qu'il ne fût possible d'en établir la fausseté. Ces lettres et ces vers avaient été trouvés, disait-on, par Jacques Balhourg, gouverneur du château d'Édim-
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bourg , qui les avait remises à Daglïsh , domestique de Bothwel. Daglish avait été arrêté, muni de ces papiers, renfermés dans un coffret portant le chiffre F. II ; ce qui avait fait supposer qu'il appartenait à la veuve 'de François IL
Ces lettres et ces vers , composés par les persécuteurs de la reine, étaient joints à une violente accusation de la conduite de Marie, accusation rédigée par Georges Buchanan , et fondée sur les plus fausses interprétations.
Elisabeth, tout en se réjouissant de ce qui noircissait la réputation de sa rivale , ne pouvait s'empêcher de mépriser ceux qui avaient recours à de tels moyens pour perdre une innocente. Elle écrivit à Marie pour la consoler, lui dire qu'elle la croyait victime des plus odieuses calomnies , et l'exhorter à la patience , eu lui faisant entrevoir que ses souffrances la populariseraient en Angleterre et lui fraieraient le chemin au trône.
Mais, maigre ses proies talions d'amitié, :
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Elisabeth n'eut aucun égard aux remontrances des défenseurs de Marie , lorsqu'ils demandèrent qu'elle pût répondre en personne devant la noblesse d'Angleterre et les ambassadeurs étrangers. Elle refusa de même qu'il fût donné communication à la reine d'Ecosse des lettres sur lesquelles se fondait l'accusation. Marie en fut indignée, et déclara qu'elle renonçait à se défendre , puisqu'onluï en interdisait tous les moyens.
Alors l'évêque de Ross présenta au conseil un message par lequel la reine captive s'engageait non-seulement à prouver son innocence en présence des lords et de la reine d'Angleterre , mais à prouver que ceux qui la chargeaient du meurtre de son époux en étaient eux-mêmes les auteurs.
Les accusateurs furent on ne peut plus stupéfaits de cette promesse, et lord Liodsay envoya donner un démenti à lord Herris, et le sommer de soutenir ses dires les armes à la main, s'il le croyait coupable de la mort du roi. Herris répondit qu'il n'accusait pas
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serait temps , les noms des véritables meurtriers dç Darnley seraient connus , et qu'alors il accepterait le déli.
Après cinq mois de session , le tribunal déclara qu'il n'y avait lieu ni de désapprouver la conduite de Murray ni de condamner la reine d'Écosse , et , malgré les instances de M. de Lamotte-Fénélon , ambassadeur de France , Marie ne put même obtenir une copie du procès et des allégations produites contre elle.
Murray retourna en Ecosse , emportant une forte somme d'argent qu'Élisabeth lui prêtait pour affermir son pouvoir, et Marie resta captive.
Le duc de Norfolk, qui s'était senti touché, dès la nomination du conseil, des malheurs de Marie Stuart , résolut de l'arracher à la haine d'ÉUsabeth, de l'épouser, d'unir sa fille, Marguerite, au jeune prince qui régnait sous la tutelle de Murray, et de se faire donner à lui-même cette tutelle. Un grand nombre de seigneurs anglais donnèrent lew assentiment à ce poojet , qui fut -» - . -sr-
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communiqué à la i-eine d'Ecosse et aux mis de France et d'Espagne.
Les comtes d'Arundel , de Derby, de Sussex, de Northumberland , de Westmoreland et de Cumberland , écrivirent à Marie pour l'assurer de leur dévouement et la prier de donner son adhésion au plan de Norfolk ; Marie répondit qu'elle n'y mettrait aucun obstacle , pourvu qu'il fût accepté par le roi de France. M. de Fénélon se chargea d'obtenir le consentement de son maître, ainsi que celui du duc de Guise et du cardinal de Lorraine , et le traité fut signé par la reine d'Écosse.
Une autre négociation, ayant pour but de terminer les différends entre Elisabeth et Marie, se poursuivait en même temps ; mais la défiance réciproque des deux princesses en retardait le succès. Marie soupçonnait Elisabeth de vouloir s'emparer de sou fils et de quelques forteresses de l'Ecosse , et elle avait lieu de se plaindre des mesures sévères dont ses courriers étaient l'objet sur les frontières anglaises; Elisabeth, de son
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tes
côté , redoutait plus que jamais l'alliance de sa rivale avec la France et l'Espagne ; car elle avait été informée d'un projet de mariage formé entre Marie Smart et le duc d'Anjou, depuis Henri III. à qui la reine d'Ecosse devait céder, disait-on, ses prétentions au trône d'Angleterre.
Elisabeth se plaignit à l'ambassadeur français, qui nia hautement ce prétendu projet et qui lui présenta une déclaration du roi, delà reine-mère et des Guises, portant que rien n'était plus faux que les renseignements donnée, à cet égard, à la reine d'Angleterre. Elisabeth différa toutefois de rendre la liberté à Marie, sous prétexte qu'il n'était pas possible de rétablir la reine contre le gré des lords écossais et qu'il était nécessaire qu'elle s'entendît à ce sujet avec Murray. Le régent lui écrivitque les états étaient décidés à repousser de toutes leurs forces la restauration de Marie , et Elisabeth , que cette lettre comblait de joie, continua de retenir sa cousine.
Sur ces entrefaites , la' reine d'Angleterre
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appât qu'un vaste complot, ayant pour chef le duc de Norfolk et pour but le i*l*hl moment de Marie Stuart , s'était formé et avait trouvé des partisans jusqu'au pied de son trône ; elle en fut indignée et elle éclata en injures violentes contre celle qu'en public elle nommait sa bonne , son aimable sœur.
Norfolk, qui, au premier bruit de sa disgrâce probable , s'était retiré dans ses terres , défendit que personne ne s'armât pour le défendre et suivit , sans aucun* résistance , les gens chargés de l'arrêter. On lui fît subir plusieurs interrogatoires , on saisit ses papiers et on renferma à la tour de Londres.
Pembrocke, Arundel, Lumley quittèrent la cour et restèrent confinés dans leurs maisons; l'évôque de Ross fut réprimandé, et Marie Stuart reçut l'ordre de renoncer à toutes tentatives propres à troubler le royaume , si elle ne voulait se rendre responsable de la mort de ses amis.
Northumberland «t Wastmoreland appelèrent à l'aide tous les catholiques, et Élisabeth envoya contre eux une ai mée ; mais la
nouvelle de l'arrestation de Noifolk refroidit les courages et, sans qu'on en vint aux mains, les insurgés se dissipèrent. Northumberiand , trahi par les siens , fut livré à Murray et alla finir ses jours dans le château de Lochlewen ; Westmoreland gagna les frontières et y attendit l'instant favorable pour passer en France. Dès qu'il y fut arrivé , il envoya sa soumission à Elisabeth et la supplia de lui accorder la permission de rentrer en Angleterre ; mais la reine resta sourde à ses prières , et il mourut en exil.
Les partisans de Marie Stuart avaient essayé , pendant les premiers mois de sa captivité, de lutter contre le régent ; mais celuici , profitant du moment où , par l'entremise du comte de Norfolk , il essayait d'entrer en négociations avec Marie Stuart, en avait lait donner avis aux comtes d'Argyle et de Huntly, en les faisant prier, par des amis de la reine , de suspendre tout mouvement en sa sa faveur. Us s'étaient soumis , grâce à cette ruse, et le régent jouissait en paix de son autorité, quand la mort vint le frapper.
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Après la défaite des troupes royales près de Langside, les Hamiltons, qui avaient embrassé le parti de la reine contre le régent, avaient été condamnés à mort. Murray, n'osant taire exécuter cette sentence , quoiqu'il en eût grande envie , commua la peine prononcée contre cette famille et la priva seulement de ses biens, qu'il partagea entre ses plus zélés serviteurs.
L'un des favoris que cette spoliation enrichissait trouva, dans la maison qui lui était échue en partage , lady Bothwelhang , gravement malade. Il lui signifia l'ordre dont il était porteur. La malheureuse femme le supplia d'attendre, pour la chasser du toit de ses pères , qu'elle eût recouvré la santé , ou du moins qu'elle eût appris où elle pourrait rejoindre son mari. Le favori, peu touché de sa douleur, lui répondit que cela ne le regardait pas, qu'il était venu pour prendre possession de cette maison et qu'il prétendait s'y installer à l'instant même.
Lady Bothwelhang , comprenant qu'elle n'avait rien à attendre de cet homme , se fit
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habiller à la hâte et, se soutenant à peifie'j elle sortit de son château , sans savoir de quel côté diriger ses pas. On savait Murray si cruel dans sa vengeance, que personne n'osa donner un asile à la pauvre fugitive, qui, rebutée de toutes parts, perdit la raison. Pendant quelque temps on cessa de la voir ; mais un jour on la trouva morte de faim et de froid , sur le seuil du château dont on l'avait si cruellement chassée.
Quand Bothwelhangappritcette nouvelle, son indignation égala sa douleur, et il résolut de venger par la mort du régent celle de sa femme, qu'il avait à lui reprocher. Il attendit que Murray vînt visiter la petite ville de Linlithgow , dont tous les habitants étaient dévoués aux Hamiltnns, et, s' étant procuré un asile dans une des maisons situées sur la rue par laquelle le régent devai t passer, il fit toutes ses dispositions pour ne pas le manquer. Elles étaient à peine terminées qu'on annonça l'arrivée de Murray. La foule remplissant toutes les rues , le régent, entouré de ses gardes, les traversa au
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|ias. Bothwelhang eut le temps de le viser et le tua d'un coup d'arquebuse ; puis , il parvint à se soustraire à ceux qui le poursuivaient, et passa en France.
Quand la reine Elisabeth apprit la mort de Murray , elle s'enferma en pleurant dans sa chambre, et on l'entendit s'écrier qu'elle avait perdu l'ami le plu» utile qu'elle eût encore rencontré.
Les partisans de Marie s'armèrent et, s'unissant aux Anglais rebelles, ils ravagèrent les frontières de l'Angleterre; le comte de Sussex marcha contre eux , pilla les terres , brûla les châteaux des principaux chefs et mit garnison dans plusieurs plaees. Les.
états d'Écosse députèrent alors Robert Pitcairn vers Elisabeth , pour lui assurer qu'ils étaient disposés à élire un régent de sou choix. Elisabeth désignale comte deLennox, père de Dareley, qui , croyant toujours Marie coupable du meurtre de son fils , devait être pour elle un ennemi au moins aussi redoutable que Murray.
La mort de Murray ranima la guerre civile en Êeosse. Plusieurs des partisans du régent ne voulurent point se rallier à Len~ nox , et firent leur soumission a la reine. Le due d'Albe, qui gouvernait les Pays-Bas pour Philippe II , roi d'Espagne , fit passer des troupes aux comtes d'Àrgyle et de Huntly, qui agissaient en qualité de lieutenants de Marie , et ce renfort les mit en état de tenir la campagne. I,a forteresse d'Édimbourg , commandée par sir Kirkaldy de Lagrange, l'un des plus zélés partisans de
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Murray, ouvrit ses portes aux troupes de la reine; mais à peine cette heureuse nouvelle avait-elle pénétré dans la prison de Marie Stuart, que le château-fort de Dumbarton fut pris par ses adversaires, et que le prieur de Saint-André , qui y faisait sa résidence , fut assassiné.
La mort de cet archevêque , l'un des défenseurs de Marie, indigna les catholiques et réjouit les protestants. On s'arma de toutes parts; non-seulement les provinces, mais les villes , les villages , les familles furent divisés : l'un tenait pour la reine , l'autre pour le jeune roi , et chaque jour le sang versé rendait les haines plus profondes et les vengeances plus cruelles.
Deux parlements s'assemblèrent : l'un, au nom du roi, se tint à Stirlïng ; l'autre, au nom de la reine , se réunit à Edimbourg.
Les deux parlements s'invectivèrent sans relâche et se proscrivirent réciproquement.
Le jeune roi , appelé à présider les lords du parti du régent, prononça avec beaucoup de gravité le petit discours qu'on lui avait fait
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apprendre, discours dans lequel un ne craignait pas défaire injurier la reine par cet enfant innocent. Pendant que les seigneurs applaudissaient, le petit prince, heureux d'avoir pu s'acquitter si bien de la lâche qu'on lui avait imposée, s'amusait à regarder autour de lui , en se demandant sans doute quand finirait la séance, que n'égayaient pas les visages soucieux de ces diplomates et de ces guerriers. Tout-à-coup, il aperçut une ouverture dans le lambris. 11 faut peu de chose pour occuper un enfant.
« Tiens ! s'écria-t-il , il y a un trou dans le parlement! »
Les lords, si braves qu'ils fussent, se sentirent trpublés par cette parole du petit prince ; ils la regardèrent comme une prophétie menaçante, et l'événement parut justifier les craintes éveillées au fond de leurs consciences coupables. Quatre jours après , il y avait en effet un trou dans le parlement ; car le comte de Lennox était mort.
Kirkaldy de Lagrange, rallié nouvellement au parti de la reine, las d'entendre
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discourir et de voir toujours les choses dans lé même état , résolut de tenter un hardi coup de main pour terminer sans retard la guerre civile. Il ne s'agissait de rien moins que de s'emparer du parlement du roi , et d'y proclamer nulle l'abdication arrachée à Marie Stuart au château de Lochlewen.
Trois vaillants capitaines se chargèrent de cette entreprise , et, ne pouvant la diriger en personne, de peur que leur absence ne fût remarquée 'A Edimbourg , ils remirent chacun une troupe d'élite h la conduite de Bell , qui , ayant longtemps habité Stirling , était, plus que personne, en état de faire réussir ce plan.
Bell pénétra sans obstacle dans la place , et, comme il connaissait la résidence des lords du conseil , il divisa ses gens en plusieurs petits corps, à chacun desquels il donna l'ordre de s'emparer d'un certain nombre de ces seigneurs. Tous furent pris , à l'exception du comte de Mar, qni , au premier bruit de ce qui se passait, se mit en défense et obligea les assaillants à faire le
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siège de sa maison; ce qui laissa au comte de Morton, commandant de la forteresse, le temps de faire sortir ses troupes et de charger à son tour les ennemis. Ceux-ci, trop faibles pour résister à une attaque sérieuse , prirent la fuite , et plusieurs d'entre eux se rendirent à leurs propres prisonniers. Lennox allait être mis en liberté comme les autres ; mais comme il passait dans une rue déserte, ses gardiens, qui étaient du parti des Hamiltons, et qui avaient jure de venger le meurtre de l'archevêque de Saint-André , l'assassinèrent et parvinrent à s'enfuir.
Kirkaldy blâma énergiquement ce meurtre, qui, dans la situation présente , ne pouvait qu'aggraver la fureur des partis et prolonger les malheurs de l'Ecosse (1571 ).
Le comte de Mar fut nomme régent à la place de Lennox ; mais il n'occupa que pendant une année ce poste important , et sa mort fit succéder à un homme juste et modéré le farouche et cruel Morton.
On vit alors paraître sur cette pauvre terre d'Ecosse , livree à tant de maux , la » s. s
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secte sanglante des puritains. Quelques réformés fanatiques , qui avaient quitté leur patrie pendant le règne de Marie de Lorraine , en furent les fondateurs, A leur retour en Écosse , ils s'indignèrent de voir les églises , qu'ils avaient dépouillées de leurs statues et de leurs tableaux, ornées, par la piété des fidèles, de ces symboles que, dans leur langage , ils nommaient les idoles de Rome ; ils déclamèrent hautement contre la tyrannie des prêtres et des évêques, ils prônèrent la liberté et l'égalité , tout en se livrant à des violences sans nom contre ceux qui refusaient d'embrasser leurs doctrines; ils ajoutèrent de nouveaux troubles à ceux qui désolaient l'Écosse, et demandèrent à grands cris le sang de Marie Stuart. Celte princesse , sincèrement dévouée à la' foi catholique , était , disaient-ils , un grand obstacle à l'établissement du culte pur dont Us étaient les apôtres.
La situation de Marie Stuart excitant la sympathie des princes de l'Europe, ils chargèrent leurs ambassadeurs d'appuyer à
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la eotfr d'Angleterre les demandes de ¥ê~ vêque de Ross, zélé défenseur de la reine. .
De son côté , le pape Pie V avait fulminé une bulle par laquelle il excommuniait Elisabeth et ses adhérents , et relevait ses sujets du serment de fidélité. Cette bulle, affichée à Londres , à la porte du palais épiscopal , par un nommé Felton , causa à la reine une indignation qui redoubla encore sa haine contre Marie Stuart. Elle fit rechercher Felton et le condamna à mort. Elle agit de même envers quelques capitaines accusés d'avoir voulu faire évader Norfolk , à la faveur des troubles excités par leurs agents ; mais, quelque temps après , elle pardonna au duc, sous la promesse qu'il lui fit de renoncer à ses anciens projets d'alliance avec la reine d'Ecosse. Pressée par les instances des ambassadeurs , elle consentit enfin à renouer les négociations qui devaient amener la liberté et le rétablissement de Marie ; mais elle se promit de les traîner en longueur; car elle eût mieux aimé mourir que de voir jamais sa rivale lui échapper.
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Elle niettail toutefois le plus grand soin à dissimuler ses véritables sentiments à l'égard de cette princesse ; elle recevait ses envoyés avec distinction , les accablait de témoignages d'intérêt et d'affection pour sa bonne sœur, et ne manquait pas de leur dire que le plus beau jour de sa vie serait celui où il lui serait donné de la voir paisiblement assise sur le trône d'Écosse.
Elle tit iaire, par l'entremise de l'évéque de Ross, quelques propositions à Marie, qui s'empressa d'envoyer lord Livingston - en Ecosse , afin qu'il en conférât avec ses partisans. Mais ce fidèle serviteur de la reine fut retenu pendant vingt jours à Alnwick , par le comte de Sussex , qui , sans doute, avait reçu de sa souveraine l'ordre m d'agir ainsi. Libre alors de continuer son voyage, il alla trouver les lieutenants de Marie. Ceux-ci députèrent aussitôt vers Elisabeth quelques-uns des leurs , pour assister à la rédaction du traité ; mais la reine d'Angleterre différa de s'en occuper, sous le prétexte qu'une armée française se disposait
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à s'embarquer pour l'Ecosse. Elle ordonna à l'amiral Clinton de prendre la mer, et au comte de Sussex de rentrer en Angleterre.
Susse* obéit, en ravageant tout sur son passage , et lut nommé membre du conseil privé. L'ambassadeur de France protesta contre le feux bruit dont la reine feignait d'avoir été informée ; il l'assura des intentions bienveillantes de son souverain , et lui présenta M. de Joigny, que Charles IX dér putait vers elle pour presser la conclusion du traité qui devait rendre la liberté à Marie Stuart.
Elisabeth reçut fort bien cet envoyé , lui dit que personne ne désirait plus qu'elle la délivrance de sa chère cousine , maïs ne se hâta pas de le prouver. Cependant , quand elle eut appris qu'une paix , ou du moins une trêve, avait été conclue en France entre les protestants et les catholiques , la crainte de voir les Guises prendre hautement le parti de leur nièce, que les soucis de la guerre civile leur avaient fait oublier, la décida à poser les conditions du traité.
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En même temps elle envoya en France sir Walsingham , avec mission de pénétrer les secrètes intentions de Charles IX envers la reine d'Ecosse, et, quand cet ambassadeur lui eut fait savoir que le monarque français prenait le plus réel intérêt aux malheurs de Marie, elle nomma des commissaires chargés de s'entendre avec cette princesse.
Les commissaires allèrent trouver Marie au château de Chattesworth , où on l'avait transférée, et lui déclarèrent ce qu'ils regardaient comme nécessaire à l'établissement d'une paix solide entre les deux royaumes. Ils demandaient que le traité d'Edimbourg fût ratifié, que Marie renonçât à toutes prétentions à la couronne d'Angleterre , pendant la vie d'Élisabeth et celle de ses descendants légitimes; qu'elle s'engageât à n'entrer dans aucune confédération contre l'Angleterre, à ne permettre à aucunes troupes étrangères d'entrer en Écosse, et à n'entretenir, sans la permission d'Elisabeth, aucune correspondance avec les Anglais ou les Irlandais ; qu'elle livrât à cette
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princesse ceux des sujets anglais qui s'étaient réfugiés en Écosse, et réparât les dommages causés par les Écossais sur les frontières d'Angleterre; qu'elle, confiât à Élisabeth l'éducation de son fils, qu'elle punît les meurtriers de Darnley et ceux de lord Murray, qu'elle n'épousât un Anglais qu'avec l'agrément de la reine, et ne contractât quelque mariage que ce fût sans l'approbation des états d'Écosse. Ils exigeaient en outre que le château de Hume el celui de Kast restassent pendant trois ans aux Anglais; que quelques autres forts du («alloway leur fussent livrés, afin qu'ils pussent empêcher les entreprises des Écossais sur l'Irlande; que six otages choisis par Élisabeth restassent en Angleterre jusqu'à ce que ce traité , signé par Marie Stuart et par ses délégués, fût ratifié par un acte du parlement écossais. ■
Marie, ne pouvant donner une réponse définitive aux députés d'Êlisabeth, les envoya à l'évêque de Ross , son ambassadeur, à révoque du Galloway et à lord Livingstou,