‹ Histoire de Marie StuatChapitre 10 sur 214 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Au moment où an*ivait au trône la reine, k^ée de six jourg, dont la longue minorité devait ramener et étendre la domination anarchique de la noblesse, Tœuvre de transformation entreprise par les cinq rois qui lavaient précédée n était guère plus avancée qu'à son début. L'ancien état de TÉcosse n'était presque pas changé. Les villes s'étaient peu multi* pliées ou peu agrandies sur son territoire toujours couvert de landes et encore hérissé de châteaux. Les clans et les fiefs y subsistaient dans leur primitive vigueur. Ils ne trouvaient de contre-poids ni dans les communes, qui ne s'étaient pas suffisamment dé* veloppées, ni dans la royauté, qui n'était pas devenue assez puissante. La royauté avait bien essayé d'éla«blir en Ecosse l'organisation générale de l'Étati mais sans l'y faire prévaloir, comme elle y était parvenue dans beaucoup d'autres pays. L'autorité législative, la force publique, la puissance judiciaire restée * héréditaire non-seulement dans les domaines des barons , mais dans les districts royaux où elle était exercée par des officiers appelés sénéchaux, baillifs, ste vards (intendants) * , se conservaient entre les mains

1568. Takenfrom the public k Records. Edinburgh, 1734, în-foliO) by Robert Keith, p. 32.

^ Voir Estât et constitution du royaulme dEscosse en jan^ vier 1550. Ce mémoire est imprimé pagres SS3 à 342 des Négociations f lettres et pièces diverses relatives au règne de François II y publié par M. Loais Paris dans la g^rande collection des documents inédi(s sur l'histoire de France (Paris,

de la noblesse, qui dirigeait les parlements, siégeait dans les tribunaux, composait l'armée féodale, obtenait même la prévôté des villes.

Le parlement d*Écosse formait une assemblée unique. Le roi Jacques P" lavait un moment divisé en deux cbambres, comme Tétait le parlement d'Angleterre; mais cette innovation n avait pas été respectée. Bevenu à son ancienne forme, le parlement d'Ecosse, où délibéraient en commun les lords séculiers, les lords ecclésiastiques, les députés des bourgs et les officiers de la couronne, était le grand conseil du pays. L'aristocratie territoriale y dominait facilement. Par une combinaison propre à l'Lcosse, une petite assemblée de trente-deux membres se détachait de la grande, sous le nom de Comité des lords des articles j et préparait toutes les affaires qui devaient être traitées dans la session. Ce comité dirigeait le parlement par lequel il était choisi.

Les rois d'Ecosse avaient essayé d'instituer une justice générale supérieure à la justice féodale. Cette justice fut d'abord ambulatoire par les assises que

1841, iD-4*'). Il est signé par J. Makgill, clerc du registre, et par J. Beileaden, clerc de la justice* Les barons, sénéchaux, baillifs, stevards, prévôts des villes avaient juridiction civile et crimineUe. {Ibid., p. 229 à 233.)

M Tous lesquels séneschaulx ont leurs offices en héritage du père au fils, et ainsi de degré en degré. » (Ihid.y p. 229.) « Chacuns lesdits officiers ont leurs offices en héritages, m {KM., p. 233.)

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