‹ Histoire de Marie StuatChapitre 9 sur 214 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

de suivre et vis-à-vis des novateurs religieux dont les doctrines pénétraient sourdement en Ecosse, et vis-à-vis des seigneurs territoriaux qui supportaient impatiemment le poids de son autorité. Il persécuta les protestants par des lois et des exécutions cruelles^ et il étendit ses violences aux plus grandes familles du royaume. Tout soupçon de complot de la part de celles-ci était suivi de i^doutables châtiments. Poussée an dernier degré d'irritation et de haine ^ la noblesse n'attendit qu'une occasion pour donner cours à ses sentiments contre Jacques V. Cette occasion se présenta bientôt.

Henri VIII pressa de nouveau le roi d'Ecosse de se joindre à lui et d'introduire la réforme dans son pays. Il se transporta même à York , où Jacques V avait promis de se rendre de son côté. Mais pendant six jours l'oncle y attendit vainement le neveu, et, dans sa fureur, lui déclara immédiatement la guerre. Ce fut pour Jacques V le moment périlleux. Il ne pouvait repousser le roi d'Angleterre qu'avec l'assistance armée de la noblesse d'Ecosse, qui se trouvait plus intéressée à l'affaiblir qu'à le rendre victorieux. Il en fit la triste expérience. Les Anglais étant rentrés chez eux après avoir ravagé les frontières d'Ecosse, les nobles écossais refusèrent de les y poursuivre, en déclarant à Jacques V que cette guerre était contraire aux intérêts du royaume, et que d'ailleurs la retraite des ennemis en rendait la continuation in-

Utile. Leur hardie défection jeta le roi délaissé dans un profond abattement. Il prépara néanmoins con«tre l'Angleterre une expédition dont la conduite fut confiée à Olivier Sinclair, que la noblesse détestait comme favori du roi et ami du clergé , et qui s'avança par la frontière de l'ouest à la tête de dix mille hommes. L'armée écossaise, ayant rencontré cinq cents Anglais vers l'extrémité orientale du golfe de Solway, s'enfuit devant eux, aimant mieux humilier le roi en se faisant battre que le fortifier en remportant un avantage qui tournerait au profit de son autorité. L'ignominieuse et significative défaite de Solviray*mos6 désespéra Jacques Y. La fièvre le saisit, et il mourut le 14 décembre 1542 dans le château de Falkland, à l'âge de trente et un ans« Un peu avant de mourir, il apprit que sa femme venait d'accoucher d'une fille à Linlitbgow, et il dit tristement en parlant de la couronne d'Ecosse qu'une petite-fille de Robert Bruce avait fait entrer dans la maison de Stuart i u Par fille elle est venue , et par fille elle s'en ira ^ » Cette fille était Marie Stuart, née le B décembre 1542.

* « It wUl end as it begmi ; the crown came by a wonian, and it will goby one; miieries approacfa this poor kingdom; kinç Henry will labour to make it bis own, by arras or by marriajje. » The hislory of the affairs ofchurch and state in Scotlandfrom de Beginning ofthe refomiation in the reign of Jame.f F to the retreat of queen Mary into Engiand, anno

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