‹ Histoire de Marie StuatChapitre 11 sur 214 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

tinrent de trois en trois mois, dans les diverses par* ties du royaume , les lords de session , que créa Jacques V. Elle devint sédentaire sous Jacques IV par le tribunal des lords du conseil journalier, établi à Edimbourg;. Enfin elle fut rendue plus complète encore par Jacques V, qui fonda le Collège de jus-tice ^ Mais, distribuée par les nobles eux-mêmes, elle resta trop dépendante de leurs passions et de leurs luttes. Là où il n'y a point de force publique impartiale, il ne peut pas y avoir de justice générale respectée. La justice ne devient ^u une forme de l'oppression. Le plus puissant s'en sert contre le plus faible.

Or, en Ecosse, les rois n'étaient point parvenus à organiser une force publique qui leur appartint. Ayant des revenus très-médiocres *, ils n'avaient

^ u Les derniers et suprêmes jugées en le royaulme sont les seigneurs de la session j aultrement nommés le collège de justice.,. Lesdits seig^neurs sont au nombre de quinze, sçavoîr ' est un président et aultres sept tousjours de Testât spirituel , et sept aultres gens laïques. » {Ibid., p. 231.)

Si dans les trois jours d'un crime les barons, les baillifs, sénéchaux et stévards n'en punissent pas les auteurs, « leur jurisdiction est pour ce expirée, et partant sont tenus de mettre es mains de la suprême justice lesdits meurtriers et mutillateurs. » (Jfnd., p. 232.)

' Le roi n'avait que 90,000 écus en 1551, d'après un ambassadeur vénitien, u Sono più abondant! d'huoniini che di richesse perche il re non ha - scudi d'eiitrata. » Relatione rfUnghilterra et Scotla dt Messer Daniele Bnrharo, che fa am-

n MAHIË 8TUÂRT.

aucune troupe permanente. Leur armée était restée féodale. Au premier signal accouraient sous leur bannière, pour y demeurer fort peu de temps, tous ceux qui devaient le service militaire. Les rois, n'ayant point de force propre pour abattre la noblesse, n a<vaient pas non plus d'administration régulière qu'ils pussent substituer à son autorité désordonnée. Ré* duits à se servir des seigneurs territoriaux les uns contre les autres, ils dépossédaient ceux qui leur étaient contraires pour agrandir ceux qui leur étaient favorables. Ik déplaçaient ainsi la puissance aristocratique sans l'affaiblir, et, au lieu de briser les cadres de la féodalité, ils les remplissaient autrement. Ils ne faisaient pour ainsi dire que changer d'antagonistes* Ils avaient bien tenté de rendre inaliénable le domaine de la couronne, de revendiquer les droits royaux usurpés, d'abolir la garde héréditaire des frontières, de diminuer de plus en plus les fonctions transmissibles des pères aux enfants, d'inter* dire les confédérations des barons; mais, cédant eux-mêmes à Tirrésistible entraînement de l'usage

basûiatore al re Edouardo del 1551 , et pot patriarcha ektto ttJcqtdleia. (BlbL nat., tns, Saint-Germain , n^ 793,/. 39.) D'après Lethington» secrétaire d'État de Marie Stuart, elle tirait en 1563 de TÉcosse 200,000 écus par an. C'est ce qu'il dit à l'ambassadeur espagnol Quadra, qui l'écrit à Philippe II. u Diiome que vale dozientos mil escudos dt renta^ lo qu« su ama possee en Escocia. )> (Quadra au roi* Dépêclie ms. du 18 mars 1563. Archives de Siùiancas.)

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