CHAPITRE IV
habituelle à se résoudre lui avait apporté beaucoup de dommages, et que, tout en sachant que l'occasion était chauve et rapide , elle manquait souvent de la saisir au passage ^ C'est ce qu'elle fit en cette rencontre et en bien d'auti*es.
Murray, un peu avant le mariage de sa sœur, avait été sommé ^ par elle, sous peine de manquer aux devoirs de la fidélité, de se présenter à la cour afin d'y {M*ouver le dessein criminel que lui et le comte d'Argyle avaient imputé au comte de Lennox et à Darnley, en prétendant que ceux-ci voulaient attenter à leur vie. Murray s'y était refusé , soit qu'il craignit sérieusement, comme il le disait, une entreprise contre sa personne de la part de ses adversaires, soit qu'il eût l'intention de recourir aux armes, seul moyen qui lui restât. Il se prépara en effet à entrer en campagne. Dans un manifeste destiné à soulever la noblesse et le peuple, il était dit que la reine violait les droits du royaume et opprimait ses libertés en lui imposant un roi sans l'avis et l'assentiment des états , chose contraire aux lois et aux coutumes du pays *. En même temps il écrivît au comte de Bedford en lui demandant » de venir à son aide et de
' Dépêche de Paul de Foix du 10 mai 1565. Ms. de la Bibl. nat., fonds Saiat-Germaîn Flarlay, n° 218.
^ Keith, appendix n<* XI, p. 108. — Lettre de Randolph à Cecil du 21 juillet 1565, dans Keith , p. 304. . 3Keiih, p. 308.
i08 MARIE STUART.
secourir les innocents sectateurs de l'Évangile, contre lesquels Satan déchaînait les puissances du monde ^ » Bandolph, de son côté, pressa Elisabeth de secourir Murray, si elle ne voulait pas laisser succomber, avec lui , le parti anglais et le protestantisme écossais *. Mais Tentreprenante Marie, qui avait convoqué auprès d'elle tous les seigneura fidèles, avec leurs patients et leurs amis^, mai*cha si rapidement contre Murray qu'elle le contraignit à battre en retraite de Stirling à Glasgow, et de Glasgow dans le pays de son allié,- le comte d'Argyle. Elle répondit en même temps avec beaucoup d'énergie à un envoyé anglais nommé Temeswoith^, qui lui apportait des paroles hautaines de la part d'Llisabeth, et qui, n'ayant pas voulu reconnaiti*e Darnley pour roi, fut maltraité à son retour vers la frontièra et conduit prisonnier dans le château de Hume^. La reine d'Angleterre se contenta d'envoyer une petite sonune d'argent et beaucoup de prcmiesses au duc de Châ-
* u We crave fiirther your lordship's cowfort, as of one lo wbom God had g^raoted to koow the subtile devices of Satan, against the innocent professors of (he g^ospel , to stir up the powers of the world a^jainst the same. n Le comte de Murray au comte de Bedfbrd, 22 juillet 1565, dans Keitb, p. 306.
^ Randolph à Cecil, 24 juillet 1565, au State Pap. Off., et dans Tytler, t. VII, p. 2.
' Proclamation, dans Keith, appendix n"" IX, p. 107.
* Voir son message dans Keilh, appendix n*" VII, p. 99, et la réponse de Marie Siuart, ibid., p. 101.
* Tyiler, l. VU, p. 10.