‹ Histoire de Marie StuatChapitre 102 sur 214 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

tellerault, aux comtes de Miirray, d'Argyle, de Rothes, de Glencaim, aux lords Boyd et Ochiltree ', qui rassemblèrent environ mille hommes autour d'eux , et se dirigèrent sur Edimbourg ^.

Cette capitale du royaume était aussi le centre du protestantisme. Les insurgés crurent qu'elle allait se lever tout entière en leur faveur; mais elle les reçut froidement. Aucun des bourgeois ne les joignit, et le canon du château tira sur eux'. Malgré les tendances de la doctiîne réformée à l'insubordination civile lorsqu'il y avait désaccord entre les devoirs envers la religion et les devoirs envers l'État*, malgré les dispositions si facilement séditieuses de la noblesse écossaise, il fallait que Marie Stuart commît bien des imprudences et des fautes, avant

* Andrew, second lord Steward d'Ochillree dans l'Ayrshîre, avait succédé au titre de cette baronnîe en 1558. Il était un des plus anciens et des plus zélés soutiens de la cause protestante. Knox avait épousé sa fille. .

' Randolph à Cecil, 31 août 1565. Tytler, t. YII, p. 6.

' Tytler, t. VU, p. 7, d'après les lettres ms. adressées à Cecil par Bedford de Bcrwick et pai* Randolph d'Edimbourg le 2 septembre 1565. Knox, t. II, p. 499 à 501.

* Knox disait lui-même : « There were diverse bruits amon^r ihe people, some aliedging^ that the cause of this altération was not ibr religion, but rather for hatred, envy oF sudden promotion or dîgnity, or such worldly causes, bat tbey that considered the progress of the matter, according as îs hcretofore declared^ thought the principal cause fo be only for religion. » Knox, t. II, p. 496.

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qu'il y eût contre elle un vrai soulèvement. Étonnés de Findifférence publique, et intimidés par leur propre faiblesse, les lords insurgés demandèrent* en toute hâte des secours à Cecil, qui dirigeait la politique d'Elisabeth, et au comte de Bedford, qui commandait les forces anglaises sur la frontière. Ils réclamèrent lenvoi de tix)is mUle hommes , et lapparitiou de quelques vaisseaux de guerre dans le Forth».

Mais Marie, dont lenergique activité fut du reste secondée par les lenteurs accoutumées d'Elisabeth, ne leur laissa pas le temps de les recevoir. A la tête d'une armée féodale de dix mille hommes, elle marcha résoltuuent une seconde fois contre Murray et les siens qu elle avait déclarés rebelles et qui sortirent avec précipitation d'Edimbourg. Elle nettoya le comté de Fife , châtia le laird de Grange et ceux des barons qui s'étaient montrés favorables aux insurgés, leva des contributions sur les villes de Dundee, de Saint-André, et prit le château de Campbell. Elle fit toutes ces expéditions à cheval, avec des pistolets dans les poches de sa selle, en attendant de poursuivre vers Dumfries Murray battu, qui s'était rapproché de la frontière angbise avec sa bande fugitive. Dans l'ivresse de son animosité , elle dit à Randolph , qui restait imperturbablement au-

^ Instructions données le 10 septembre 1565 à Robert Melvîl, au Slale Pap. Off., et dans Tyller, t. VII, p. 7.

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