CHAPITRE IV. 2U
près d'elle , qu elle aimerait mieux risquer sa cou* ronne que renoncer à sa vengeance *.
Elle publia en même temps une proclamation accablante pour Murray et les siens. '< Les rebelles, auteui*s du dernier soulèvement, dit-elle, ont donné à entendre qu'ils avaient pris en main la cause de la religion, pensant couvrir ainsi leurs indignes desseins et séduire aisément les personnes ignorantes. » Elle les accusait, au contraire, de n'avoir agi que par ambition, d'avoir été comblés de ses bienfaits et de s'être montrés aussi insatiables qu'ingrats. « Ils ne se sont pas contentés, ajoutait-elle, d'accumider richesses sur richesses, honneurs sur honneurs, ils voulaient mettre entre leurs mains nous et notre royaume tout entier, afin de l'avoir, d'en disposer, et d'en user selon leur plaisir... Us voulaient nous contraindre à gouverner uniquement d'après leur conseil..., briser la police de FÉtat, intervertir l'ordre de la nature , faire obéir le prince et commander les sujets. Jamais rien de pai*eil n'avait été exigé d'aucun des rois nos nobles ancêtres, ni même des régents du pays... Pendant noti*e jeune âge, et à notre retour dans ce royaume , ils ont eu le libre choix des membres du conseil et agi comme il leur plaisait , et maintenant que nous sommes dans notre pleine maturité, ils prétendaient nous traiter
* Randolph à Cecil, 9 sept. 1565, au Stat. Pap. Off., et dans Tytler, t. VU , p. 8. ^ Voir Ktiox , t. II, p. 502, 503.
ti.
tl2 MARIE STUART.
encore en pupille et nous tenir sous leur tutelle ! Telle est la querelle de religion qu'ils ont prise en main, telle est la querelle à propos de laquelle ils veulent que vous hasardiez vos terres, vos biens, vos vies, en vous joignant à quelques rebelles armés contre leur prince naturel. Pour parler net, ils entendent éti*e rois ou tout au moins nous en laisser le titre, et s'arroger à eux-mêmes Tadministration du royaume. » Elle finissait en promettant à ses sujets la paisible jouissance de leurs biens , l'en- . tière liberté de leur conscience, et invoquait en retour leur loyale obéissance et leur persévérante fidéUté».
Les lords insurgés, se sentant perdus s'ils n'étaient promptement assistés, adressèrent à Robert Melvil , leur envoyé auprès d'Elisabeth , un mémoire intitulé Informations à communiquer à S. M. la reine en faveur de l'Église du Christ qui commence à être persécutée dans ses principaux membres *. Dans ce mémoire, ils attribuaient la persécution dont ils souffraient à l'influence des étrangers. Ils y désignaient, comme en étant les principaux auteui*s,
' Cette proclamation, du 10 septembre, est dans Knox , t. Il, p. 504,506.
' Inibrroations gîven to tbe queen's majesty in favour of the clmrch of Christ, now begun to be persecuied in tbe cbîef members of tbe same. 22 septembre. — Au State Pap. Off., et dans Tytler, t. YII, p. 9.