CHAPITRE IV
David Riccio, aux usurpations duquel Murray avait tenté de s*opposer, et Darnley qui, sujet d*un autre royaume, s'était intix)duit en Ecosse pour y pi*endre, sans leur consentement, le nom et Fautorité de roi ^ Ils conjuraient Elisabeth de soutenir une cause qui était la sienne. Mais cette reine artificieuse et circonspecte, qui , le 12 septembre, avait enjoint ' au comte de Bedford de mettre des troupes et de Targent à leur disposition, lui envoya trois jours après un contre-ordre ', en apprenant qu'ils étaient si faibles et qu ils avaient été battus. Elle se borna à leur faire dire par Cecil qu elle était favorable à leur entreprise et sensible à leur malheur *.
Marie Sttiart, après les succès qu elle avait déjà obtenus sur les adversaires de son autorité et de sa foi , ne cachait plus ses prédilections et ses projets. Elle avait appelé près d'elle l'entreprenant adversaire de Murray, le jeune comte de Bothwell*, qu'elle avait confirmé dans la charge héréditaire de grand amiral d'Ecosse, et à qui elle donna le commande-
* Au Sute Pap. Off., et dans Tyller, t. Vil , p. 10.
^ Elisabeth au comte de Bedford, 12 septembre 1565, dans Robertson, t. I, appendix n<* XIII.
» Tytler, t. VII , p. 10.
^ Réponse pour Robert Melvil , du 20 octobre 1565, écrite de la main de Cecil, au Stat. Pap. Off. , et dans Tytler, t. VU, p. 12.
* Il arriva de France le 17 septembre 1565. Diumal of occurrents in Scotlandy p. 83.
ment militaire de la frontière de Touest et du centre ^ Elle tira des prisons le fils du comte de Hundy et rapprocha de sa personne. Elle plaça à la tête de son conseil le catholique comte d'Âthol^ ennemi déclaré du comte d'Argyle , homme de grand courage j mais de nul jugement '. Dirigée par Fltalien David Riccio, elle prépara de loin la restauration de l'ancienne croyance. Elle s'adressa , de concert avec Damley, à Philippe II et au pape pour en obtenir des secours dans la lutte qui allait s'engager entre elle et les protestants , comme Murray et les lords protestants s'adressaient à Elisabeth. Elle disait au roi d'Espagne qu'il était le protecteur naturel de la religion catholique, et que son mari et elle, en vue du danger où étaient les Écossais, restés fidèles à cette religion, d'être entièrement ruinés, et dans la crainte de perd^ eux-mêmes leur couronne ainsi que le droit qu'ils prétendaient ailleurs, s'ils n'avaient l'aide d'un des grands princes de la chrétienté, n'hésitaient pas à recourir à lui. Elle lui dépêcha un gentilhomme anglais, ancien serviteur de la reine Marie Tudor et maintenant attaché à Darnley , qu'elle chargea de lui faire connaître l'état de ses affaires, en le priant de le renvoyer promptement dans l'intérêt de la couronne et de l'Église, pour le maintien desquelles « nous n'épargnerons, ajoutait-elle , vie nî
* Knoxj History, etCy t. Il, p. 509.
' Paul de Foix h Catherine de Médicis, 18 sept. 1565.