CHAPITRE IV
estât, estant supporté et conseillé de vous ' . » Elle invoqua également lappui de son beau-frère Charles IX. Les deux coui's de France et d'Espagne avaient approuvé son mariage. Elles étaient au fond trèssatisfaites : la première , que Marie n'eût épousé ni le prince don Carlos ni larchiduc Charles ; la se^ conde, qu'elle n'eût pas pris une seconde fois son mari dans la puissante maison dont Philippe II re* doutait et combattait partout l'influence. Ce chef du catholicisme en Europe transmit 20,000 écus à Marie Stuart , et il écrivit au pape , qui en donna 8,000 de son côté, qu'il ne convenait pas dans le moment de lui envoyer d'autres secours qui seraient dangereux sans pouvoir être utiles. Il ajoutait qu'il ne fallait cependant pas renoncer à faire valoir même par les armes le droit de la reine d'Ecosse à la succession d'Anglet^re '. « Ce projet intéresse, disait-il, la cause de Dieu que soutient la reine d'Ecosse , puisque c'est évidemment la seule porte par où la religion puisse entrer dans le royaume d'Angleterre, toutes les autres se trouvant maintenant fermées '. »
* Lettre de Marie Stuart h Philippe II, 10 septembre 1665, dans LabanofF, t I, p. 381, 382.
' Philippe U au cardinal Pacbeco, Ségovie, 16 oct. 1565. Arch. de Simancas, leg. 818. Voir appendix £•
* « Pues se entiende evidentemente ser aquella la paerta por donde a de entrar la religion en el reyno de Inglaterra , viendo por el présente cerradas todas las otras. w Ibid.
Avant de recevoir cette assistance médiocre et timide, Marie Stuart avait i*efusé la médiation que Tambassadem* de France, Castelnau de Mauvissière, lui avait offerte au nom de sa cour. « J'aimerais mieux tout peindre, dit-elle fièi^ment, que de traiter avec mes sujets '. t» Dans sa belliqueuse ardeur, elle rentra une troisième fois en campagne le 9 octobre pour expulser de son royaume les débris des insurgés cantonnés à Dumfries. Accompagnée des comtes de Botbwell et de Huntly , et suivie d'une armée. de dix à douze mille hommes, elle mit sans peine en déroute Murray et les siens, qui se réfugièrent le 14 octobre en Angleterre. Marie triomphait. Cette vie de mouvement , d'entreprise et de lutte l'enivrait. La victoire était pour elle le commencement de la vengeance. Elle n'entendait pas seulement écraser les lords rebelles en les faisant condamner comme des traîtres et en les dépouillant de leurs chaînes et de leurs biens : ses desseins étaient par moments plus vastes et plus hardis. Tout son royaume pliait devant elle. Sur vingt et un comtes et vingt-huit lords, il n'y avait que cinq comtes et trois lords qui lui fussent contraires, et ils étaient fugitifs*. Se regardant comme sûre de
* Marie Stuart à Tarchevèque de Glasgow, l*' oct. 1565 , dans Labanof f, t. I , p. 288.
' u Sur vingt -un comtes qui sont audit royaume d'Éoosse, et vingt-huit milloids, il n'y a que cinq comtes et trois mil-