‹ Histoire de Marie StuatChapitre 106 sur 214 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

rÉcosse, se sentant appuyée en Angleterre par le parti orthodoxe, et croyant Tétre par les puissances catholiques du continent, elle espérait faire repentir Elisabeth elle-même .de n'avoir pas voulu la reconnaître pour son héritière et d'avoir encouragé la révolte de ses sujets. Elle laissa même percer ses intentions. Quelques seigneurs de sa suite lui ayant représenté qu'elle se fatiguait à courir ainsi les champs et à suivre les armées dans une saison rigoureuse, elle leur répondit : « Qu'elle ne cesseroit jamais de continuer en semblables peynes , jusqu'à ce qu'elle les eût menés à Londres '. »

Elle le prit d'un ton fort haut avec Elisabeth. Elle lui écrivit qu'elle ne pouvait pas imaginer qu'elle consentit à soutenir des rebelles, et la menaça , s'il lui plaisait de faire de leur cause la sienne, de recourir contre elle aux princes ses alliés*. Elisabeth se trouva très-embarrassée. Elle était vivement pressée par les ambassadeurs de France et d'Espagne qui, au nom de leurs maîtres, défendaient les intérêts de Marie Stuart et l'autorité commune de tous les sou-

lords qui ne soient da cousté de la royne et prêts à faire ses commandements, encore que la plupart d'iceulx soient protestants. » Paul de Fois à Catherine de Médicis , 29 septembre 1565.

^ Marie Sluart à Elisabeth, 8 octobre 1565, dans Lal>anoff, t. I,p. 293,294.

verains. D ailleurs elle n'était pas sans crainte pour la paix de son propre royaume, et elle avait réuni quel* ques troupes sur la frontière d'Ecosse. Afin de pré* venir tout mouvement de la part des catholiques anglais, elle avait fait venir à Londres , sous prétexte de les consulter, mais au fond parce qu elle croyait plusieurs d'entro eux favorables à sa rivale, le duc de Norfolk, le marquis de Northampton, les comtes d'Arundel et de Pembrocke. Le même soupçon lavait décidée à appeler auprès d'elle les comtes de Nor* thumberland, de Westmoreland et de Cumberland, qui avaient des terres dans le voisinage de l'Ecosse ' . Après avoir pris ces précautions, elle voulut calmer les mécontentements cette fois altiers de Marie, et elle se montra plus humble et moins susceptible qu elle n'avait coutume de l'être. Comme tromper ne lui coûtait rien, elle se tira de la fausse position où elle s'était mise par une de ces scènes d'audacieuse fourberie qui lui étaient familières. Elle parut fort irritée de la conduite de MmTay, et lui donna l'ordre public de se retirer à Newcastle, en même temps qu'elle l'autorisa par un message secret à se présenter devant elle. Murray vint avec l'un des Hamilton, l'abbé de Kilwinning. Elisabeth les reçut entourée de l'ambassadeur de France et des membres de son conseil, afin de jouer cette odieuse comédie avec

* Lettre de Paul de Foix du 29 sepleinbre 1565.

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