‹ Histoire de Marie StuatChapitre 109 sur 214 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

que sa jalousie envers Cecil attachait à la cause de Marie, lui écrivait d'Angleterre', de pardonner pour mieux régner. Us la pressèrent l'un et l'autre d'être miséricordieuse dans l'intérêt de son pouvoir et de son ambition , afin de rallier à elle tous ses sujets , de ne laisser à Elisabeth aucun moyen de troubler son royatune^ et de disposer les protestants euxmêmes à favoriser ses droits en Angleterre.

Mais Marie était trop passionnée pour être aussi politique. Elle ne se rendit pas à ces sages avis. Elle aima mieux poursuivre sa vengeance, et elle céda aux suggestions de la cour de France et du cardinal de Lon*aine, qui avaient envoyé en Ecosse Rambouillet et Clemau pour porter à Darnley l'ordre de Saint-Michel et communiquer à Marie la. ligue conclue entre les princes catholiques contre la cause protestante. Marie Stuart signa cette ligue', et, loin d'écouter J. Melvil, qui lui représentait qu'il ne fallait pas pousser les gens à l'exti'émité de peut* de les rendre dangereux, elle lui répondît en colère : «< Je ne les crains pas. Qu'oseraient-ils ou que pourraient-ils entreprendre^? w Après avoir amnistié seulement le duc de ChâtellerauU , que la faiblesse de son caractère rendait peu redoutable, et avoir séparé

« Mémoires de Mehnl, t. I, p. 183 à 193. Lettre de Throckmorton.

> Tytler, t. VII, p. 18.

' M(^mohps fir Afphil, (. I, p. 181.

les Hamihon des autres bannis^, elle se décida à écraser Murray, Argyle et les autres compagnons de leur rébellion, en les faisant condamner comme des traîtres dans le prochain parlement.

Peu de temps avant la réunion de cette assemblée^ qui devait servir ses ressentiments et qu elle voulait associer à ses projets en faveur de Tancienne Église, elle envoya l'évêque de Dumblane auprès du nouveau pape Pie V pour lui offrir ses dévouées obéissances '. Elle lui demanda ses secours spirituels et temporels, " afin, écrivit-elle, de changer le déplorable et malheui'eux état de notre royaume. Le moment est propice, puisque nos ennemis sont en partie exilés et en partie placés sous notre main.... Si Dieu et Votre Sainteté, dont nous soutenons la cause, viennent à notre aide, avec un pareil appui nous franchirons tous les obstacles'. >i David Riccio,

*■ L'abbé de Kilwinning- vint rendre les châteaux de HamiltoD et DrafFen, et partit ensuite d'Ecosse pour aller rejoindre sur le continent le duc de Châtellerault. Knox, t. II, p. 515, et noie 2.

* Marie Stuart au pape Pie V, 21 janvier 1566. Labanoft^ t. VII, p. 8,9.

* u Ut auxiliis spiritualibus simul et temporalibus miserum quidem adhac et infelicem reg^ni nostri statu m juvet... Ëam spem a Sa net. Tua aug^endam et implendam fore certo nobis persuademus, cum jam hostes nostri partira exulent, partira in nostris manibus positi sint... Si Deus et S. T. nobis aderit (quorum causam a^imus), inurum his fi*etae trans- ^rediemur. »> Ihid,, p. 10.

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