CHAPITRE IV. îio
qui était le pensionnaire du pape ' et l'agent principal de la politique catholique, encouragea la reine à se montrer implacable envers les bannis et à s'engager dans les voies périlleuses d'une restauration religieuse.
Ce jeune Italien, qui avaitacquis tant d'importance en Ecosse, où il rencontra bientôt une fin si tragique, était venu à Edimbourg en décembre 1562, à l'âge d'environ vingt-huit ans*. Il y avait suivi le comte de Moretto, ambassadeur de Savoie, dont il était le cameriere. C'était mi homme adroit, d'un esprit plus cultivé qu'on ne l'avait dans cette cour un peu sauvage ; il était de plus musicien agréable , et la reine le gaixla comme valet di caméra^ lorsque le comte de Moretto retourna en Piémont. Marie Stuart, ayant beaucoup de goût pour la musique , réunissait auprès d'elle des joueurs de violon, de luth et de flûte; elle avait aussi trois chanteurs auxquels se joignait quelquefois Riccio comme quatrième pour faire la basse qui manquait*. Le trouvant bientôt propre à
* Mémmres de Mehnl, 1. 1, p. 194. — Tytler, t. VII, p. 19. ' « Essendo nel 1562 andato mousignor de Moretto, am-
bascîatore alla regina di Scotia per nilustrissimo et excellentissimo signor duca di Savoia meDÔ par suo cameriere un M. David Riccio, Pîemontese, huomo di 28 annj in circa, accorto , savio e virtuoso. » Dépèche au duc de Toscane , du 8 octobre 1566, dans LabanofF, t. VU , p. 86.
• Keilh,p. 268, note/?.
un service plus élevé que celui dp valet de chambre, elle le nomma, en décembre 1564, son secrétaire pour la correspondance étrangère à la place de Raulet. « Il réussit si bien dans pet emploj, dit Fambassadeur de Toscane dans une dépêcbe adrpsspe au duc Côme P% que la plus grande partie des affaires de ce royaume passait par ses mains. Il les dirigeait avec tant de prudence et les menait à une si bopne issue qu'il en était tfès-aimé de Sa Majesté * . » C'était lui qui avait conseillé et conduit le mariagp avec Damley * ; c'était lui dont les vues , conformes aux sentiments de Marie, tendaient à lier étrpitenient {a reine d'Ecosse avec le pape et le roi d'Espagne , à la séparer de l'Angleterre et à rompre avec le parti protestant. Il avait un grand train de maison, et la faveur pxtrême doi^t il était l'objet le rendit arrogant et téméraire*. L'attitude qu'il eut vis-à-vis de la reine et l'ascendant qu'il prit sur elle nufsiren^ beaupqup à la réputation de IVIar^^- Av\^\ É!i3qbpt|^ , parlant 4 lambassadeuf de France de ^ prpspriptjof} de Murray , lui dit : « Qu'elle étoit due à un Italien nommé Pavid que la rejne d'Ecosse aipioit et favprisoit, en lui accordant plus de crédit et d'autorité que ne le permettoient ses affaires et son bonneur ^. *»
*■ Dépêche au duc de Toscane, dans LabanofF, t. VII, p. 87.
» Ibid., p. 88.
'^ Spottiswood, p. 193.
* Dépôclm de Paul de Foix h Charles IX, du 17 oct. 1565.