CHAPITRE IV
main pour le pendre ' ; mais George Douglas , plus impatient qu eux , le frappa , dans Tescalier même, avec le poignard du roi, sur lequel il avait mis la main , en disant : Voilà le coup royal * 1 Aussitôt tous les autres se précipitèrent sur lui et le percèrent de cinquante-six coups de dague ou de poignard. Son corps fut jeté par la fenêtre dans la cour et déposé chez le portier du palais'.
En apprenant le meurtre de Riccio, la reine, remplie de douleur et de colère , laissa éclater ses sentiments contre Darnley. Elle lui reprocha d'avoir autorisé im acte aussi lâche et de lui avoir infligé cette honte , à elle , qui lavait tiré de son humble condition et lavait élevé jusqu'au trôné; ellelappela traître et fils de traître^. Darnley lui i*eprocha à son tour d'avoir évité sa compagnie depuis plusieurs
4Ellis,t.n,p. 210.
^ « Fu tino che arditamente mise la mano alP isCesso pdgnale del re.;. et diede un colpo a David lasciendogli il pugnal nelle schieue, et dissegli csscr qaello il colpo del re. h Mémoire à Cosme !•'. Labanoff, t. VII, p. 74.
* Keitby Âppendix, p. 126, récit de Morton et de Ratlivcn.
^ « Allora vollatasi la reina verso il re disse : f Ha tràditore, figliuolo de traditore, questa è la ricompensa che hai dato a colei che tlia fetlo tante bene et honor cosi graDde; questo è il recoDoscimento che dai a me per haverti ioalzato a dignité cosi alta« n Mémoire à Cosme I". Labanoff, t. VU, p. 75.— « She blamed greatly hcr husbande was the àutor of so fowle an acte. » Dépêche de Bedford et de Randolph. Ellis^ t. II , p. 211.
2i4 MARIE STUâHT.
mois, de n'avoir consenti à rester quelquefois avec lui qu'autant que David y était, de s'être enfin donnée à celui-ci plus souvent qu'à lui-même, et il ajouta : « C'est par cette raison que j'ai consenti, pour votre honneur et ma satisfaction, à ce qu'on se débarrassât de lui. — Milord , lui répliqua-t-elle, vous êtes l'auteur de l'offense qui m'a été faite; je ne resterai plus votre femme, et je ne serai contente qu'au moment où votre cœur sera aussi désolé que l'est aujourd'hui le mien '. » Ruthven, qui revenait de cette horrible exécution, entra alors exténué, encore plus qu'ému et prêt à défaillir. Il demanda un verre de vin. Puis il dit durement à la mne qu'on avait mis David à mort , parce qu'il était une honte pour elle et un fléau pour son royaume, et parce que la pernicieuse influence qu'il exerçait sur elle, l'avait poussée à tyranniser la noblesse, à exiler les lords fugitifs , à entretenir des relations étroites et condamnables avec des princes étrangers afin de rétablir l'ancienne religion, à admettre dans son conseil les comtes de Bothvï^ell et de Huntly qui
* Voir la dépèche de Bedford et de Randolph du 27 mars. Ellîs, t. II, p. 211, et la conversation de Darnley et de la reine, d'après le récit de Rulhven, dans Ketth. « Mylord ail the offence that is done to me, you bave tlie wite (hereof , for tbe which I shall be your wife no longer nor ly with you any more and shall never like till I cause you bave as sorrowful a heart as I bave at tbis présent. » Appendix, p. 124.