‹ Histoire de Marie StuatChapitre 118 sur 214 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

étaient des traîtres. Marie Stuart, ainsi humiliée, pleura beaucoup, et dit avec une amertume menaçante : u Ce sang coûtera cher à quelques-uns d*entre vous ^ ! » Ruthven , dont la cruelle énergie était excitée par le mal auquel il succomba moins de deux mois après, ajouta : « A Dieu ne plaise ! car plus Votre Grâce se montrera offensée, plus le monde sera sévère dans ses jugements*. » Privée d'un serviteur qui lui était cher et dévoué , offensée dans son honneur, dépouillée de son pouvoir, Marie Stuart était prisonnière entre les mains de ses ennemis.

Les comtes de Huntly et de BothwelP ayant appris que Murray et Argyle étaient attendus le lendemain, et se croyantaussi menacés que Riccio, s'étaient évadés par une fenêtre du palais au moyen d'une corde qui leur servit à descendre du côté des champs. Le comte d' Athol , les lords Fleming et Livingston ^

^ u Well, sayth she, it shall be deare blude to some of you. M Dépèche de Randolph, dans Ëllis, t. Il, p. 212, et dans Wright, ERsabeth and her times, 1. 1, p. 229.

' u God fbrbed, saythe lord Rutvhen, for the more your grâce showe yourself ofFended, the worlde will judge the worce. » Dans Ellis, t. Il, p. 212, et dans Wright, 1. 1, p. 229. — ^Voir Tappendix F, sur les rapports de Marie Stuart et de Riccio.

' Lettre de Marie Stuart à l'archevêque de Glasgow, dans LabanofF, t. I, p. 345, 346.— Ellis, t. II, p. 212.

* John, cinquième lord Fleming, grand chambellan héréditaire d'Ecosse, avait succédé k ce titre en 1558. William

et sir James Balfour, qui étaient dans Holyrood au moment où les conjurés envahissaient le palais et où Biccio fut tué, avaient également pris la fuite ^ Au tumulte survenu dans le château , les habitants d'Edimbourg s'étaient émus. Le prévôt de la ville^ averti par J. Melvil ^, avait fait sonner le tocsin, et, à la tête des bourgeois armés^ il s était présenté aux portes du palais s'enquérant de ce qui s'y passait, et demandant à être admis en présence de la reine. Mais les conjurés s'y refusèrent et menacèrent la reine , si elle cherchait à les voir et à leur parler, de la tuer elle-même et de la jeter par--dessus les mw^illes '. Comme les bourgeois insistaient , on leur répondit de la part du roi que la reine se portait bien, qu'il ne lui était rien arrivé de fâcheux , et qu'on avait seulement tué le secrétaire italien, qui conspirait avec le pape et le roi d'Espagne pour introduire dans le pays des troupes étrangères destinées à les assujettir et à restaurer l'ancienne religion^. Damley leur commanda ensuite de se retirer sous peine de

LivÎDgstoD , cinquième lord de Callendar. L'un et Tautre demeurèrent constamment attachés à la cause de la reine.

^ Ibid.

> Melvil, Mémtnres, 1. 1, p. 197, 108.

* « Who (the lords) in our face declared , if we desired to hâve spoken them , they should eut us in coUops , and cast us over the wals. » Lettre de Marie Stuart à l'archevêque de Glasgow. Labanoff , 1. 1, p. 346.

• Dépêche à Cosme !•'. Labanoff, t. VII, p. 94.

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