‹ Histoire de Marie StuatChapitre 123 sur 214 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

grâce les bannis , pardonnerait la mort de David et mctti^ait en oubli tout ce qui s'était passe. Elle les invita à rédiger eux-mêmes les articles qu'elle signerait pour leur sauvegarde *. Prenant ensuite Darnley d'une main et Murray de l'autre , elle se promena quelque temps avec eux d'un air confiant et amical*. Obligés de se rendre aux désirs du roi qui se séparait d'eux et de céder à l'invitation de la reine^ les conjurés dressèrent l'acte qui devait pourvoir à leur sécurité , et ils le remirent à Darnley. Celui-ci s'engagea à le faire souscrire à la reine. Il les pria de la laisser sous sa garde seule, afin qu elle parût libre et pût donner les ordres qui lui conviendraient, assurant qu'il répondait de tout '. Ils quittèrent donc, eux et leur troupe, le palais d'Holyrood dans la soirée du lundi, non sans donner à entendre au roi qu'ils se croyaient trompés, et qu'ils s'attendaient à ce que la reine et Jiui se retirassent dans le château d'Edimbourg ou dans celui de Dunbar. u Si, par suite de ce qui va se faire , lui dit Ruthven , il est versé du sang , que ce sang retombe sur votre tête et non sur la nôtre ^. »

* Récit de RuthveD, dans Reitfa, Appendix, p. 128.

^ t Then our inajesty took the king; by tbe hand, and the Earl of Murray by the other, and walked io tfaé said outerchamber by the space of an hour. n Jbid., p. 128.

» JUd., p. 128.

* u And lord Ruthven protested , that wbat bloodsbed or

25i MARIE STUART.

En effet, dans la nuit du 11 au 12 mars, Marie, accompagnée de Damley et du capitaine de sa garde Arthur Erskine , sortit secrètement d'Holyrood, et, montée sur un des chevaux qu'on tenait prêts, elle se dirigea vers Dunbar^ Dès quelle y fut arrivée , elle convoqua la noblesse en armes. Les lords conjurés, en apprenant le mardi matin qu'elle était partie sans signer les articles qu'elle leur avait offerts , envoyèrent auprès d'elle lord Semple pour réclamer l'exécution de sa promesse. Elle le fit attendre trois jours sans lui donner de réponse. Se trouvant alors à la tête des troupes que lui amenèrent les comtes de Bothwell , de Hundy , d'Athol , de Caithness, Marshall, l'archevêque de Saint- André, les lords Hume et Yester, elle leva entièrement le masque ^. Elle publia le 16 mars une proclamation' contre les rebelles qui avaient osé ensanglanter son palais et l'y retenir captive. Continuant avec adresse à diviser ses ennemis , elle se

niischief should eneue thereon, should fall upon the king;'s head and liis posterity, and not upon tlieirs. » Keith, App.,

*■ Ibid,, p. 129. — Lettre de Marie Stuart du 2 avril, dans Labanoff, t. I, p. 348. —-Lettre de Bedford et de Randolph du 27 mars, dans Ellis, t. II, p. 214, et dans Wright, t. I, p. 230.

* Récit de Morton et de Ruthven. Keith, App., p. 129. — Labanoff, t. I, p. 348, 349. ~ Wright, t. I, p. 230, 231.

3 Dans Keith, Appondix n<* XII, p. 130.

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