CHAPITRE V
d'Ecosse. Après la naissance du prince royal, la mésintelligence s'accrut entre son mari et elle. Une passion funeste pénétra^ vers cette époque, dans son cœur. L'objet de cette passion fut le comte de Bothwell, l'homme le plus entreprenant et le plus dangei*eux de l'Ecosse. James Hepbum, quatrième comte de Bothwell , était alors âgé de trente ans '. Il avait succédé à son père en 1556, possédait de grands biens et exerçait de grandes charges dans le royaume. Récemment marié à Jeanne Gordon ' , il était devenu le beau-frère du comte de Huntly et avait uni l'une des plus puissantes familles du Sud avec la plus puissante famille du Nord. Il avait beaucoup de bravoure , encore plus d'audace ^ , et une ambition qui
^ u James fourlh Elarl of [k>thwell , was scrved heir to his father, 3 november 1556. The retour bears, that his father died five weeks or thereabouls preceding, therefore the date of his birth may be Bxed to 1536 or 1537, as*queen Mary describes hini as ia his vcry youth at his first eatry into this realm , immediatly after the deccase of his father. » Robert Douglas, Peerage of Scotland ^ t. I, p. 229.
' H avait épousé en février 1566 Jeanne Gordon , seconde fille de Géorgie, quatrième comte de Huntly.
' Throckmorton écrivait de Bothwell le 2 novembre 1560, lorsque celui-ci retournait pour la première fois de France en Ecosse : « lie is a {clorions, rash and hazardous young man ; and therefore it were mcet his adversarics should both bave en eye to hini and aiso keep hini short. » Sir Nicol. Throckmorton to the queen, dans Hardwicke's Stat. Pap,y t. I, p. l/i9.
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ne connaissait ni limites ni scrupules. Sans déguisé* ment dans ses pixijets comme dans' ses vices ' ^ il aspira d*abord à se faire aimer de la reine ^ ensuite à Tépouser. Bien qu il fût laid ", son aspect martial 9 son goût des plaisirs ^ la resolution hardie de son caractère 9 un air de dévouement chevaleresque , les mœurs élégantes et aisées du continent sous les^ quelles il cachait les passions sauvages et emportées de son pays, séduisirent l'imagination de la reine et donnèrent à Bothwell un grand empire sur elle* Marie Stuart chercha d*abord dans Bothwell un ser«^ viteur fidèle et utile ^ et trouva bientôt en lui un amant et un maître.
IjCs progrès de sa faveur ' ^ vers la fin de Tété de 1566, éclatèrent aux yeux de tout le monde. Il disposait de tout à la cour d*Écosse , où il dirigeait entièrement les volontés de sa souva^aîne. Le pouvoir qu'il exerçait, et la réconciliation qui s^était opérée
' N I assure you Bothwell is as naughty a man as liveth^ and much givon to tbe détestable vicesi « Raodolph & Gecil , 6 avril 1566| dans Ghalmers, t. U^ p. 36.
* Brantôme , tè V, p. 98.
* cr Bothwell is still ia favor and as a great and iil the mana^jenient of affairs. n Bedfbrd à Gecil ^ 9 août 1566««^ u Now the Elarl of BoihwelPs favor increased wich mecon* tented many. » Mémoires de MeMl^ publiés par le Banna-* tync Club , p. 154. — t The Earl Bothwell, whom the queen preferred above ail others ^ afler the decease df David Rizîo. » Knox , t. II , p. 528.