CHAPITRE V
entre lui^ Huntly^ Âthol^ Murray^ Argyle et Let^ hington , avaient inspiré de vives alaitnes au jeune roi) que Marie Stuart évitait et détestait de plus en plu8« En voyant la reine s'entourer de tous ceux qu'il considérait comme ses anciens et ses nouveaux adversaires 9 Darnley ne se sentit pas seulement offensé, il se crut menacé. Il se tourna vers le parti catholique avec l'espérance de s'en faire un appui 5 écrivit Secrètement au pape en dénonçant la reine comme attiédie pour la i*eligion ; et ^ dans l'excès de ses craintes , encore prématurées 5 il soupçonna les lords réconciliés de comploter contre sa vie ^ Il son* gea même à se retirer sur le continent. Il tint un navire prêt pour son passage en France, et, dans les derniers jours de septembre, son père étant venu le voir à Stirling 9 il lui fit confidence de son dessein. Aussitôt le comte de Lennox écrivit à Marie Stuart, qui était alors à Edimbourg ^ pour là prévenir de cette détermination et lui dire qu'il n'avait pas été en son pouvoir de la changer '• Le jour ihéme (39 septembre) où la reine reçut la
* ti Wben his letlcrs were intercepted y and bit practicet discoveredf he». . accusôd tfae nobles of a plot a^aitist his life. » Tytler, t. VII , p. ÔO.
' Du Croc à Catheriae de Médicis , Il oct. 1666 , dans La* banoff , t« I , p» 375. *— Lettre écrite par les lords du conseil privé à Tarchevôqud de Oiasgow^ 8 oct» Id66 ^ dans Keith 9 p. 348.
lettre du comte de Lennox, et où elle put croire que Darnley faisait déjà voile loin de TÉcosse, elle le vit arriver au palais d'Holyrood ^ Le £aible prince projetait et n'exécutait pas : après la menace d'un départ, il venait essayer une réconciliation. Mais la scène qui se passa entre la reine et lui ne contribua point à leur rapprochement. Marie assembla aussitôt les membres de son conseil et fit prier l'ambassadeur de France Du Croc de se joindre à- eux. En leur présence, elle eut ime explication avec Darnley. Elle lui demanda hardiment pourquoi il voulait quitter l'Ecosse et quelle raison elle lui en avait donnée? Darnley, qui était venu chercher un épanchement ^, et qui ne s'attendait pas à subir un interrogatoire , resta interdit et muet. Il ne se souciait sans doute pas d'entrer dans la discussion de ses griefs qui eût été en même temps celle de ses torts. Les lords du conseil lui adressèrent la même question ; il n'y répondit pas davantage. Du Croc lui dit alors que son départ intéressait l'honneur de la reine et le sien ; que le blâme en tomberait sur la reine ou sur lui , suivant qu'elle en aurait donné quelque motif fondé ou qu'il l'entreprendrait sans raison. Il le supplia donc vivement de s'expliquer. Ainsi pressé,
* Labanoff, p. 376. — Keilh, p. 348.
' u Je Tois bien qu'il ne sçait où il en est, il voitldroit que la reine le redemandast. d Du Croc, dans Labanoff t. I, p. 377, 378.