‹ Histoire de Marie StuatChapitre 129 sur 214 · CHAPITRE V. 26îr · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. 26îr

Damley finit par avouer que la reine ne lui en avait pas fourni de sujet. C'était tout ce que voulait Marie Stuart. Elle avait arraché à son mari une déclaration qui la justifiait et qui la laissait désormais sans reproche vis-à-vis de lui , soit qu'il partit, soit qu'il restât. Aussi dit-elle quelle s'en contentait^. Après cette entrevue , qui n'avait pas répondu à l'attente de Damley, et dans laquelle il n'y avait eu aucune sincérité des deux parts, puisque le roi n'avait pas voulu avouer les causes de son mécontentement, et que la reine n'était pas disposée à les faire cesser , ils furent ensemble plus mal que jamais. Le triste et inconsidéré jeune homme, qui ne savait ni supporter son sort ni s'y soustraire, qui avait perdu l'affection de la reine, allumé ses ressentiments, mérité ses mépris par des goûts grossiers, des prétentions sans habileté , des hauteurs sans énergie , des projets sans suite, ime odieuse participation au meurtre de Riccio et le lâche abandon de ceux qu'il avait excités à le conunettre, se sépara froidement de Marie et repartit pour Stirling en lui disant qu'elle ne le verrait pas de longtemps '. U lui écrivit de là que ses motifs de quitter l'Ecosse n'étaient que trop réels , et il

« Labanoff, 1. 1, p. 376, 377. — Keitb, p. 349.

' M Sy est que, en ce desespoir, sans occasion comme il déclara, il s^en alla et dist adieu à la royne, sans la baisé, Tasseurant que Sa Majesté ne le verroit de longtemps, n Du Croc, iWrf., dans Labanoff, t. I, p. 377.

les fonda sur le peu^de confiance quelle avait en lui ) la privation de toute autorité , les dédains et 1 eloignement de la noblesse^ qui ne Thonorait pas en le voyant ainsi, délaissé ' . Il ne mentionnait pas dans sa lettre les craintes qu'il avait conçues pour sa vie. U continua donc les préparatifs d'un départ^ dont il menaça toujours ^ et que pour son malheur et celui de la reine il n'eut pas le coiuage d'effectuer.

Loin de mettre obstacle à son eloignement, Marie Stuart se rendit à cette époque., sans l'inviter à l'accompagner, vers la frontière du sud-est de son royaume, qui était troublée par les querelles des insubordonnés borderers. Les Armstrongs, les Elliots et, les Johnstons, familles puissantes du district de Liddesdale , s'y faisaient la guerre. La reine y avait envoyé, le 6 octobre', le comte de Bothwell en qualité de son lieutenant , pour y réprimer les désordres et y rétablir la paix. Le 8 , elle l'y suivit elle-même et se rendit à Jedburgh afin d'y tenir ses assises^ et d'y joindre l'action de la justice à celle des

* Lettre de» lords du oooseil à Tarcbavôque de Glasgow, du 8 octobre, dans Keith, p. 350.

> Labanoff, 1. 1, p. 37^.

* Ghalmers,, t. I,p. 294.

* tt On the 8th of october, the queea went out of Edinbqrgh to Je4burg;h, to hold a justice aire. » Birrefs Dianj, p. 5| cité par Cbalmers, t. I, p. 295.

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