CHAPITRE T
membres du conseil privé et plusieurs des lords les plus importants du royaume. Darnley l'y trouva en an*ivant à Jedburgh, où il ne vint que le 28 octobre, deux jours après qu'une crise heureuse eut fait cesser tout danger pour la reine. La voyant mieux, il ne resta qu'ime nuit à Jedburgh et repartit immédiatement pour Glasgow ^ Cette visite tardive et gênée, sans cordialité comme sans empressement, n'était pas propre à ramener le bon accord entre la reine et son mari.
Le rétablissement de Marie Stuart fut lent, et elle ne put partir de Jedburgh pour Kelso que le 8 novembre. Elle voyagea à petites journées, le long de la côte en se rendant par mer à Dunbar. De là elle prit le chemin de Craigmillar, château situé à une lieue d'Edimbourg, où elle arriva le 20 novembre et passa deux semaines*. Elle était triste, soucieuse, abattue sous le poids de ses dégoûts et des sentiments contradictoires qui l'agitaient. Elle avait des élancements au côté droit et le foie malade. « La reine n'est pas bien , écrivait l'ambassa* deur Du Croc à l'archevêque de Glasgow. Je ci-ois que sa maladie consiste principalement dans un
* Chalmers , 1. 1, p. 297. — Sharon Turner, t. IV, p. 68.
* Lettre de Du Croc à Farchevéque de G]asg[Ow, â déc. 1566, dans Keith, préface , p. vu. — Le 18 , Marie était encore à Dunbar, d'où elle écrit à Gecil et au conseil d'Angleterre. Labanoff , t. I , p. 380 et 382.
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chagrin pix>foDd qu'il semble impossible de lui faire oublier. Elle ne fait que répéter ces mots : a Je voudrais être morte ' . )) Ses sentiments étaient trop visibles .pour n*étre pas connus de tout le monde, et le pénétrant Lethington avait saisi la vi'aie cause du trouble où elle était , lorsqu'il avait dit : (I Son cœur succombe en pensant que le roi doit rester son mari, sans qu elle aperçoive le moyen de se délivrer de lui *. n
Cette connaissance des dispositions secrètes de Marie Stuart fit naître autour d'elle de funestes pensées. Les membi^s du conseil privé que les liens de la parenté ou de l'amitié unissaient à Morton, à Lindsay, à Ruthven, et aux autres meurtriers de Riccio, songèrent, s'il faut en croire un récit fait sous l'inspiration et dans l'intérêt de Marie Stuart, à obtenir leur pardon en entrant dans les passions présentes de la reine qui affaiblissaient ses ressentiments passés. L'astucieux Lethington combina ce plan avec autant d'adresse que de perver* site. Ne mettant scrupule à rien, marchant indiffé* remment vers les buts les plus divers selon les
^ Lettre de Du Croc à Tarchevôque de Glasgow, du 2 déc. Keith , préface , p. vu.
^ « That it is a heart break for her, to tbink that fae should be ber bu^band, and bow to be free of bim sche seea na outgait. n Lettre de Letbing^ton à Tarebevèque de Glasgow, du 24 oct. 1566, dans Malc. Laing, t. lî, p. 74.